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wtinMichael Moore décide de se substituer à l’armée américaine pour envahir le monde. Il visite neuf pays d’Europe et d’Afrique du Nord pour tenter d’en importer les meilleures idées aux États-Unis.

Movie challenge 2017 : un documentaire

On ne peut pas dire que je sois une spécialiste des documentaires (je n’ai toujours pas vu Demain…), mais celui de Michael Moore me tentait depuis un moment. Je ne connaissais le cinéaste que de réputation, mais j’avais découvert avec Super Size Me le talent des Américains pour réaliser des films effarants, sur des sujets graves, mais avec une scénarisation assez amusante.

Et puis la prise de position de Michael Moore contre Donald Trump, et son texte visionnaire du mois de juillet expliquant pourquoi et comment ce dernier allait être élu m’ont convaincue qu’il s’agit d’une des personnalités majeures du monde culturel et d’information actuel. J’étais prête pour me lancer dans Where to Invade Next.

Dès les premières images, le réalisateur affirme une nette volonté pamphlétaire envers son pays : il s’imagine en train de conseiller les hautes autorités de l’armée américaine et en profite pour critiquer les guerres auxquelles son pays a participé. Par une superposition de discours et d’images, il révèle les contradictions profondes de l’Amérique, et la violence du pays, qui ressurgira à plusieurs reprises dans le film, sous la forme d’images choc en contrepoint aux découvertes européennes.

Michael Moore nous promène sur sa carte de l’Europe et aborde chaque pays par l’angle des clichés qui peuvent avoir court (par exemple, les Italiens ont toujours l’air détendus et sensuels, la France est le pays de la gastronomie, les Finlandais ont la meilleure éducation du monde, etc.). Bien sûr, d’un point de vue européen, ce n’est pas une grande découverte à chaque fois.

Par la suite, le réalisateur rencontre différentes personnes dans chaque pays visité, à la fois des quidams et des figures d’autorité, que ce soit dans le patronat, l’éducation ou la politique (même le président slovène !). Cette alternance des points de vue permet de montrer la réalité concrète en plus des discours idéologiques. Et c’est plutôt intéressant, car on se rend compte que la mentalité peut vraiment varier d’un pays à l’autre, même au sein de l’Europe, concernant des questions du quotidien et des sujets fondamentaux tels que les horaires de travail, les frais de scolarité ou la place des femmes.

Dans l’ensemble, il n’y a quand même pas de révélations absolues dans ce documentaire, qui est clairement de parti-pris : dans chaque pays, le réalisateur ne choisit de voir que le positif et s’émerveille face à toutes ces bonnes idées que les Américains n’appliquent pas. En creux, c’est surtout le portrait des États-Unis tels que Moore les considère qui est peint : un pays violent, qui ne prend pas soin de ses citoyens, et où tout est voué au profit. Ce qui a le plus retenu mon attention, ce sont les réactions des personnes interrogées lorsqu’il leur apprend à quel point elles ont de la chance dans leur pays à tel ou tel sujet, en comparaison des États-Unis. Les réactions sont parfois assez drôles, comme celle du cuisinier français qui a pitié des enfants américains, voire franchement intéressantes, comme celle du couple d’Italiens qui prend conscience que si le rêve américain est encore très présent dans ce pays, c’est en grande partie dû à la méconnaissance des conditions réelles de travail outre-Atlantique. S’ils savaient qu’ils allaient perdre leurs 8 semaines de congés payés et leurs 2 heures de déjeuner quotidiennes, les Italiens préfèreraient peut-être rester chez eux !

Bref, un film qui nous apprend relativement peu de choses en tant qu’Européens mais qui nous redonne un peu de fierté et d’optimisme quant à notre continent, ça ne peut pas faire de mal !

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