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crazystupidloveLargué par sa femme qui l’a trompé, Cal noie son désespoir au bar jusqu’à sa rencontre avec Jacob, le Casanova local. Seule la jolie Hannah a résisté aux tentatives de ce séducteur. Pendant ce temps, Robbie, le fils de Cal, déclare sa flamme à la baby-sitter…

Movie challenge 2017 : une comédie

Dans ma tête, depuis 2011, Crazy, Stupid, Love. était une de ces comédies romantiques américaines prévisibles, puis, plus précisément, celle qui a fait se pâmer des dizaines d’admiratrices devant les abdos de Ryan Gosling. Très peu pour moi, donc.

C’est par La La Land que je suis revenue vers le deuxième long-métrage du tandem John Requa-Glenn Ficarra. En effet, totalement séduite par le film de Damien Chazelle (disons-le plus clairement : c’est devenu un de mes films préférés au monde), je me suis dit que j’avais peut-être eu tort de ne pas suivre de près ses acteurs principaux jusqu’ici.

J’ai donc fait d’une pierre deux tourtereaux avec ce film où Emma Stone et Ryan Gosling formaient déjà un couple. Ce fut une expérience assez amusante de les retrouver plus jeunes, incarnant des personnages plus agaçants, et avec un jeu plus approximatif que dans La La Land. Pourtant, si la scène de la rencontre d’Hannah et Jacob m’a laissée sceptique, le charme a fini par opérer dans la deuxième moitié du film. C’est que j’avais sous-estimé le pouvoir d’une Emma Stone alcoolisée à la fois dévergondée (« I am here to bang the hot guy that hit on me at the bar »), caustique (« It’s like you’re photoshopped ! ») et intimidée (« And… do you have the massage chair ? »). Cette scène hilarante m’a rendu son personnage plus sympathique, et j’aurais d’ailleurs apprécié que les caractères soient davantage développés. Car oui, le film est très prévisible, même lorsqu’il veut nous faire croire qu’il nous a réservé des surprises (qui doutait de l’identité de Nanna, sérieusement ?). Mais cela ne l’empêche pas de regorger de punchlines et de m’avoir bien fait rire.

Par ailleurs, le film est surtout centré sur le personnage de Steve Carell, Cal, un quarantenaire qui se retrouve largué du jour au lendemain et prend conscience qu’il a complètement oublié le jeu de la séduction. Mon côté féministe a bondi en entendant les conseils que lui prodiguait l’insupportable Jacob (que j’ai eu envie de gifler pendant les trois quarts du film), mais j’ai apprécié que Cal réussisse à s’en détacher à un moment pour se recentrer sur ce qu’il pense vraiment et ce qui compte à ses yeux. Les scènes où il disserte de l’amour avec son fils Robbie sont assez bien vues et amusantes, quoi qu’assez convenues. Le jeune garçon est à la fois touchant dans son amour pour sa baby-sitter, mais aussi à force un peu agaçant dans ce qui s’apparente à du harcèlement. La démonstration que semble amorcer le film, sur la pertinence ou non de croire en l’amour, n’est malheureusement qu’esquissée.

Côté réalisation, image, montage, on reste dans une comédie très classique, avec juste quelques petits effets comme la scène où on voit Cal assis à toutes les tables du bar successivement, mais rien de révolutionnaire. Bref, un peu comme L’Arnacœur, c’est le genre de film dont j’ai du mal à comprendre pourquoi il est si réputé, car il est assez consensuel. Cela dit, j’ai passé un bon moment, et je le reverrais avec plaisir. Ne serait-ce que pour retrouver le couple Gosling-Stone, qui est tout de même l’un des mieux assortis du cinéma américain contemporain.

 

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