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leprestigeJeunes assistants d’un magicien, Alfred Borden et Robert Angier rêvent tous deux de réussir dans le métier. Mais à la suite d’une erreur de Borden, la femme d’Angier se noie sur scène durant un tour. C’est le début d’une haine éternelle entre les deux hommes…

Je dois remercier miss Johanna du blog Popcorn & Gibberish pour son « Popcorn CinéClub » sans lequel je n’aurais jamais regardé ce film. Et pour cause, je n’en avais jamais entendu parler. Ce n’est d’ailleurs pas pour lui que j’avais voté, mais je me suis dit « pourquoi pas ? ». J’aime plutôt bien les histoires de magie au cinéma, même si on m’avait tellement survendu Insaisissables que j’ai été déçue.

J’ai eu du mal à entrer dans le film, car celui-ci attaque d’emblée par plusieurs flashbacks très rapides, de sorte que je me suis trouvée complètement perdue. Je n’étais pas loin de décrocher pour de bon, mais j’ai essayé de m’y retrouver pour laisser sa chance au film. J’ai trouvé cette construction dommage, car la scène d’ouverture, expliquant la signification du titre du film, était bien choisie.

Le film retrace en fait l’histoire d’une haine tenace, fondée sur un drame personnel mais aussi sur une rivalité professionnelle. Entre Borden et Angier, tous les coups sont permis pour devenir le plus grand magicien de son temps. J’ai beaucoup apprécié les décors et les accessoires du film qui nous plongent dans la fin XIXe avec un petit côté steampunk dans les machineries employées sur scènes, entre la cage à oiseaux pliante et le corset rétractable. Les prémisses du film permettent de mettre en lumière la différence de caractère, mais aussi de manière de concevoir l’art de la magie, entre les deux protagonistes. Angier (Hugh Jackman) est un showman très à l’aise sur scène qui sait capter l’attention du public et le faire rêver, mais il est – au moins au début – assez sentimental et a des principes (par exemple, il refuse de sacrifier une colombe pour un tour). Ce caractère plus souple le rend plus sympathique au spectateur que Borden (Christian Bale), meilleur technicien, plus audacieux et inventif, mais moins charismatique sur scène, et faisant fi des risques à prendre. C’est cette témérité qui causa la mort de la femme d’Angier, ce qui conduit le spectateur à le considérer comme le « méchant ». De plus, son rapport aux femmes est assez ambigu : il sait se montrer charmeur et déclarer son amour mais semble parfois absent ou peu sincère, comme si au fond seule la magie comptait vraiment pour lui. Il est pourtant doté d’une charmante compagne, incarnée par la douce Rebecca Hall (la troisième femme injustement oubliée de Vicky Cristina Barcelona).

Mais au fur et à mesure que chacun déploie tous les moyens possibles, de la duperie au recours à la science en passant par certains éléments quasi surnaturels, les torts s’équilibrent jusqu’à ce que les deux hommes semblent aussi antipathiques l’un que l’autre, dévorés par leur ambition et leur jalousie. Je n’ai pas tellement adhéré au personnage du scientifique incarné par David Bowie ni à ses inventions aux effets spéciaux vieillis (même si la scène avec le chat m’a bien amusée). L’intérêt du film réside plutôt dans le côté concret de la magie : non pas le prestige, justement, mais la réalité qui se cache derrière, et la guerre psychologique entre Angier et Borden. En dépit de quelques petites longueurs, le film a réussi par ses nombreux retournements de situation à me tenir en haleine jusqu’au bout.

L’ambiance et le sujet du long-métrage de Christopher Nolan m’a fait penser à un autre film sorti quelques mois plus tôt, L’Illusionniste de Neil Burger, mais je dois avouer avoir préféré ce dernier, plus facile à suivre à mes yeux et doté de personnages plus attachants.

 

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