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calmecommeunebombeAdo, Amandine voulait devenir une star. Finalement, elle est attachée de presse et compte sur la sœur de son ex, Rahan, pour l’aider à percer à la télé. En effet, Xena sort avec Étienne, romancier le plus sexy de sa génération, sur lequel fantasme Lucie, collègue de Rahan…

Pas facile de résumer ce roman conçu comme un cercle dans lequel chaque personnage court après l’un des autres dans l’espoir qu’il l’aide à s’épanouir. Ce qui m’a plu dans ce livre, outre qu’il était proposé par Au diable Vauvert et Anne et Arnaud, c’est sa couverture originale, sur laquelle l’explosion est symbolisée par un amas de champignons. J’y ai vu une forme d’ironie, une sorte d’emphase, consistant à prendre pour un événement un élément du quotidien.

J’étais assez proche de l’effet que m’a fait le roman d’Agathe Parmentier à la lecture. Je dois dire que cela faisait longtemps que je n’avais pas lu une aussi bonne satire. L’auteur maîtrise parfaitement son second degré : de bout en bout, tout est prétexte à l’ironie, mais maniée avec tant de finesse qu’on peut régulièrement se demander si l’on est censé prendre au sérieux les personnages.

Pour ma part j’ai vraiment lu leur histoire de façon très distanciée. Impossible à mes yeux de s’attacher à ces êtres si superficiels, imbus d’eux-mêmes et caricaturaux. Tous, dans leur genre, révèlent les travers de la génération Y (à laquelle j’appartiens sans vraiment me reconnaître en eux). Il y a l’ado fan de Britney devenue une jeune femme dont l’ambition dévorante dépasse les capacités intellectuelles, l’écrivain égocentrique persuadé de son génie, la poétesse qui se voudrait au-dessus du monde mais fantasme sur le premier plumitif désigné comme prodige sexy, le jeune homme un peu mou incapable d’un réel engagement, et sa sœur éthérée qui n’a goût à rien. La génération précédente n’est pas épargnée à travers le portrait des parents de Rahan et Xena, des bourgeois devenus hippies avant de se ranger.

Prenez tous ces personnages stéréotypés, secouez fort, servez frappé : vous obtenez Calme comme une bombe. Traduction du titre d’un morceau de Rage Against the Machine, le titre du roman donne le ton : chaque chapitre est nommé d’après une chanson, et le tout forme un ensemble assez cohérent, tant du point de vue de la cohésion de l’histoire que de la playlist assez représentative de la génération étudiée. Car on dirait presque une étude sociologique, cette façon de regarder s’agiter ces êtres qui semblent tous perdus dans leur vie. Bien sûr, cette faille, cette errance, cela pourrait les rendre sympathiques, à un moment donné, mais toujours l’auteur nous ramène du côté de la satire, jusqu’à un final savoureux qui prouve que l’égarement humain ne connaît pas de limite.

J’ai pris un malin plaisir à cette lecture d’autant plus plaisante que méchante. Sans doute y a-t-il une forme de flatterie envers le lecteur dans cette façon de le faire se sentir éminemment supérieur aux personnages du récit. Mais en avoir conscience n’anéantit en rien le sourire narquois que fera naître dès les premières pages ce récit chez les amateurs du genre.

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