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libreetassoupiDepuis toujours, Sébastien a deux passions principales : être allongé sur son lit à regarder le plafond, et s’ennuyer. Quand ses parents le mettent à la porte, il vient squatter chez une copine de fac déjà flanquée d’un colocataire…

Movie challenge 2017 : un film tourné dans un lieu où je suis allé(e)

Malgré des critiques très mitigées (ou peut-être un peu en raison de celles-ci), ce film me faisait envie depuis sa sortie. Quand il est passé sur W9, je l’ai regardé sans penser au Movie challenge. Mais lorsque j’ai reconnu le Musée de la chasse et de la nature, que j’ai eu le plaisir de visiter en compagnie de la meilleure des guides, aka Lalieredhair de Museovore, il m’a semblé parfait pour cette catégorie !

Il ne faut pas se fier aux premières minutes du long-métrage de Benjamin Guedj, qui pourraient laisser présager une comédie vulgaire comme hélas le cinéma français en produit à la pelle. Certes, nos amusants colocataires ne sont pas toujours d’une exceptionnelle subtilité, et leurs conversations tournent assez régulièrement autour de sujets triviaux. Pour autant, il serait dommage de réduire le film à cela (c’est pourquoi je trouve un peu dommage de l’avoir débuté ainsi).

Avant tout, Libre et assoupi est une comédie qui, sans être à se rouler par terre, remplit bien sa fonction de divertissement. J’ai vraiment passé un très bon moment à suivre les aventures (et non-aventures) de Séb, alias « l’Autre », Anna et Bruno. Et je dois dire que le film aurait sans doute pu être complètement raté si le casting n’était pas aussi bien équilibré. Dans le rôle principal, Baptiste Lecaplain propose un personnage assez proche de ce qu’il est dans son premier spectacle : un jeune homme qui se pose des questions sur la vie, assez distrait et maladroit, toujours un peu en décalage avec ses pairs, et terriblement attachant. Même s’il peut être considéré comme un flemmard ou un parasite, Sébastien est, on le découvre peu à peu, quelqu’un de très sensible et intelligent. Loin de l’image du glandeur, il expliquera à un Bruno médusé qu’il a suivi avec succès tout un tas de spécialités universitaires. Plus qu’un manque d’ambition, sa volonté de ne pas travailler s’apparente à un choix de vie réfléchi. Face à lui, la décidément délicieuse Charlotte Le Bon, que j’avais découverte dans Le Secret des banquises l’année dernière. Et puis il y a Bruno, le type normal, qui rêve d’une vie posée job-couple-appart mais ne sait pas comment s’y prendre et ne résiste pas à partager les facéties de son coloc, et qui ne sait pas voir quand les autres le font tourner en bourrique. Après le si attendrissant Micha de À trois on y va, Félix Moati incarne encore une fois un Candide, et le rôle lui va comme un gant.

Certes, le film n’est pas exempt de longueurs ou de maladresses. Mais il a le mérite (sans toutefois la pousser assez loin à mon goût) de ne pas escamoter la dimension philosophique du questionnement de Sébastien sur l’importance du temps libre, et sur la place à conférer au travail. Loin de m’assoupir devant cette comédie sympathique, je n’ai pas boudé mon plaisir !

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