vaiana-legende-bout-monde-affiche-francaise-02Vaiana a toujours été attirée par l’océan. Mais son père, le chef de l’île, destine sa fille aînée à prendre sa succession. Lorsque les noix de coco pourrissent et que le poisson disparaît, Vaiana comprend, aidée de sa grand-mère, qu’il est temps d’aller rétablir l’ordre du monde…

J’avais hâte de découvrir ce nouveau « Classique Disney », après les succès de La Reine des neiges et de Zootopie. Pouvait-on faire mieux que la revisite du conte d’Andersen et la fable contemporaine ?

Avant même d’avoir vu le film, j’en avais beaucoup entendu parler, car il a suscité aussi bien des éloges (notamment au sujet de son héroïne) que des critiques (en particulier concernant la représentation du peuple polynésien). Je dois dire que je suis assez d’accord avec ces deux points.

En effet, dès les premières images, la petite Vaiana a tout pour plaire. Non seulement une bouille craquante, façon Lilo dans Lilo et Stitch, mais aussi un caractère déterminé, car la jeune fille cherche à toute force le contact avec l’océan, tandis que ses parents la ramènent sans cesse vers la terre. J’ai beaucoup aimé cette petite jeune fille pleine d’audace et de courage, et encore plus le fait que rien dans le film ne la ramène à sa condition féminine. Si son père ne veut pas qu’elle quitte l’île, c’est qu’en tant qu’aînée, elle est destinée à lui succéder à la tête de la communauté. Et il n’est jamais question d’un quelconque projet de mariage à son sujet. Mieux encore : Vaiana réussit à échapper à l’idylle qui clôture la plupart des films de princesses de Disney. C’est que, comme elle l’affirme, elle n’est pas vraiment une princesse. J’ai beaucoup aimé le dialogue à ce sujet, qui agit comme une sorte de clin d’oeil de la part de Disney et remet en question la définition classique de la princesse. Si l’on doit chercher une parenté à Vaiana, il est clair qu’on la trouvera bien plutôt du côté de Mulan, Pocahontas et Mérida que de Cendrillon ou Raiponce. Mais alors que dans Rebelle, la mère de la jeune fille souhaitant la réduire à un rôle social typiquement féminin, celle de Vaiana accepte que sa fille prenne des risques pour sauver la population. On voit que les scénaristes de Disney progressent !

Cependant, le traitement de la culture polynésienne pose davantage de questions. Je reconnais un vrai effort de documentation, tant pour les coutumes locales que pour les chansons dans les langues régionales. Mais je n’ai pas été étonnée que le personnage de Maui soit considéré comme une insulte : caricatural, insupportable de prétention, pas si fort qu’il n’en a l’air, le demi-dieu ne pourrait rien sans la jeune mortelle. Il fallait sans doute un faire-valoir à Vaiana, mais il n’a sans doute pas été conçu de la façon la plus subtile.

Visuellement, le film est, comme prévu, une vraie merveille : bourré de trouvailles visuelles (les tatouages mobiles de Maui, le coeur luminescent, l’eau, traitée comme un personnage dans ses mouvements…), il regorge de couleurs et fait la part belle à l’océan et à la végétation des îles. Un régal pour les yeux !

L’intrigue, sans être follement originale, permet l’intervention de quelques opposants amusants, et transmet des valeurs d’entraide, de générosité, de persévérance et de respect de la nature. Par rapport aux classiques précédents, celui-ci m’a semblé davantage destiné aux enfants, avec un peu moins de références et de sous-texte, et des animaux comiques qui raviront le plus petit (le petit cochon de compagnie et le poulet toqué). Un joli Disney de Noël, qui sans être révolutionnaire, va clairement dans le bon sens au niveau des valeurs et des messages transmis !

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