pheromones-par-marie-line-mussetUn bébé à l’anatomie surdimensionnée, une Antillaise qui rêve d’amour, un enfant qui en manque, une femme décidée à reconquérir son mari, une grand-mère encore pleine de malice, des rencontres attendues ou imprévues poussées par l’instinct…

 Je ne connaissais pas la maison d’édition In&dits, spécialisée dans les nouvelles, avant de tomber un peu par hasard sur ce recueil de Marie-Line Musset. J’ai été intriguée par le titre et par le résumé au dos du livre. Ces histoires de phéromones, de chimie des relations humaines, c’était totalement dans mes cordes.

J’ai retrouvé dans ce recueil une certaine cohérence autour des thèmes, et je dois avouer que le titre est bien choisi. Il est surtout question de deux sortes d’instinct dans le livre : la chimie amoureuse (ou du moins sensuelle) et la relation mère-enfant. Ces deux sujets centraux sont exploités sous diverses facettes à travers les 11 récits qui composent le volume. Mais le plus souvent, c’est l’aspect dysfonctionnel de la relation qui est abordé. Pourquoi le désir n’est-il pas toujours réciproque ? Comment une mère peut-elle ne pas aimer son enfant ? Toutes les femmes doivent-elles apprécier d’être enceintes ? J’ai apprécié que l’auteur se confronte à des situations délicates, et à des personnages souvent en souffrance.

C’est ce que j’aime généralement dans les nouvelles : un ton doux-amer, et des situations clés dans la vie des personnages, qu’elles soient positives ou négatives. J’ai retrouvé ici dans les trajectoires des protagonistes souvent cabossés (parfois au sens propre !) ce mélange des tonalités qui me séduit particulièrement. Comme un marionnettiste, l’auteur promène ses personnages dans le monde en leur réservant des surprises, des retournements de situation, des révélations… et pour le lecteur, c’est réjouissant !

Pour moi, ce recueil s’inscrit dans une veine assez sombre, mais avec des moments de légèreté, de soulagement ou de sourire (parfois ironique), un peu comme Macadam ou Dernier avis avant démolition. Avec en plus le côté romantico-érotique lié au thème des phéromones, bien sûr, qui devrait plaire aux amateurs du genre en vogue.

Parfois, j’aurais aimé que l’histoire ne s’arrête pas là, en savoir un peu plus, par exemple dans « Place 57 ». Que se passera-t-il, après ? Après la rencontre, après l’étreinte, après la fuite… Mais c’est le principe même de la nouvelle, de prendre et de laisser ses personnages après l’événement majeur qui bouleverse leur vie.

J’ai eu un faible pour la dernière nouvelle du recueil, particulièrement de saison puisqu’elle se déroule devant une pâtisserie à l’heure de l’achat de la bûche de Noël.

Mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse le loisir de la découvrir…

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