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tomalafermeTom, jeune publicitaire de Montréal, se rend à la campagne pour enterrer son amant. Mais la mère du défunt ne connaissait pas l’orientation sexuelle de son fils, et Francis, le frère aîné, fait comprendre à Tom qu’il a intérêt à se taire…

Movie challenge 2016 : un film d’un réalisateur de moins de 30 ans

Qu’on me prévienne s’il y a beaucoup de réalisateurs actuels de moins de 30 ans, mais pour ma part je n’ai pas cherché très loin, le choix le plus évident semblant Xavier Dolan, puisque la presse adore rabâcher son jeune âge à chacune de ses apparitions.

Je n’avais jamais vu de films de ce réalisateur, et, à choisir, j’aurais été davantage tentée par Juste la fin du monde. L’ayant raté au cinéma, j’ai failli me rabattre sur Mommy, dont tout le monde me disait le plus grand bien. Mais, faute de pouvoir emprunter le DVD à temps pour le Movie challenge, je me suis décidée pour Tom à la ferme (en replay sur arte + 7). Et comme ma copinaute Tinalakiller l’a vu aussi, on fait séance commune !

C’est un peu étrange de se lancer dans le visionnage d’un film qui ne nous motive pas du tout. Je craignais une atmosphère trop angoissante, au vu des comparaisons hitchcockiennes, et je n’avais pas vraiment envie d’avoir peur, ni d’assister à des scènes de violence.

En fait, mes craintes n’étaient pas vraiment les bonnes. Je n’ai jamais eu le moindre soupçon d’angoisse, et pour cause : d’une part, le protagoniste (incarné par Dolan lui-même, qui adore visiblement se filmer façon Kechiche : mangeant, dormant, bavant, saignant, pleurant, le tout en gros plan) ne m’était pas vraiment sympathique, réagissant selon moi toujours à contretemps ; d’autre part, j’ai trouvé qu’il ne se passait pas grand chose dans le film. Avec sa bande-annonce stressante et rythmée, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus dynamique. Mais non : des dialogues avec la mère du défunt qui s’étirent, des tas de scènes où Tom erre dans la ferme vide, bref, beaucoup de remplissage à mes yeux.

Certes, il y a la confrontation avec Francis (Pierre-Yves Cardinal, aussi brut de décoffrage que dans Le fils de Jean). Agressif d’emblée, clairement homophobe, violent, manipulateur, mais aussi triste et souffrant de son isolement social, ce personnage m’a semblé un peu plus intéressant que celui de Tom, même s’il ne sort que rarement de son cliché de redneck. Si la relation entre les deux hommes est faite d’un rapport de force malsain, elle semble à un moment donné évoluer vers autre chose. Francis, comme sa mère, aurait-il tendance à projeter sur Tom son affection pour le disparu ? Ou bien serait-il secrètement attiré par le jeune blondinet ?

La fin, censée faire figure de révélation tonitruante, ne fait malheureusement qu’enfermer chacun des protagonistes dans leur rôle initial, qui du bourreau et qui de l’innocente victime. Pas d’évolution, donc, et une boucle trop facilement bouclée, sans qu’on comprenne très bien les motivations de Tom à partir ou rester.

Il y aurait eu matière à un bon film, soit en jouant à fond la carte du huis clos angoissant, soit en proposant une évolution des personnages vers une ouverture à l’autre. Mais en l’état, je me suis surtout ennuyée (quand je ne riais pas en entendant certaines répliques censément dramatiques, du genre : « Tu peux-tu aller chercher ta fucking valise, fuck ? »). Laissons donc à Dolan le bénéfice du doute, et admettons que ce soit le film le moins abouti du jeune cinéaste…

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