edward_aux_mains_d_argentAlors que Peg fait sa tournée de vendeuse de cosmétiques, elle décide d’aller proposer ses produits au château apparemment abandonné où personne n’ose entrer. Elle y rencontre Edward, un jeune homme fabriqué par un inventeur génial. Mais Edward a une particularité : ses mains sont des bouquets de ciseaux…

Movie challenge 2016 : un film sorti l’année de ma naissance (1990)

Je suis bien contente d’être née en 1990, rien que parce que cela m’a permis de voir ce film, qui aurait aussi pu rentrer dans la catégorie « un film que je veux voir depuis longtemps sans avoir eu l’occasion ». Alors que j’aime beaucoup l’univers de Burton en film d’animation (Les Noces funèbres, L’étrange Noël de Mr Jack – même si Burton n’en est en fait pas le réalisateur), je n’ai vu que peu de ses films. Et celui-ci me tentait particulièrement.

Dès les premières images, j’ai été amusée par la petite ville de carton-pâte où l’histoire se déroule : les maisons, toutes identiques comme forme, sont de couleurs extravagantes, rose, jaune, à rayures, et les voitures pastel. Même pour l’époque, ce décor kitsch a pour effet de faire comprendre au spectateur qu’il ne faudra pas chercher de réalisme dans cette histoire qui apparaît comme une sorte de fable.

Si ce côté coloré peut surprendre chez ce réalisateur, le château d’Edward est totalement conforme aux clichés de l’univers burtonien : noir, biscornu, effrayant, peuplé de choses étranges. J’ai adoré le look du protagoniste (Johnny Depp), sa tenue style steampunk, ses cheveux en pétard comme s’il avait mis les doigts (les ciseaux !) dans la prise, et son visage auquel le maquillage donne un air perpétuellement inquiet ou tristounet. Cette créature de Frankenstein revisitée attire d’emblée la sympathie ! Pour autant, j’ai été étonnée que son intégration à la vie du quartier se passe si bien. Hormis quelques boutades, personne (sauf la folle ultra religieuse esseulée qui le prend pour un démon !) ne songe à l’exclure. La famille de Peg l’accueille sous son toit, même si les enfants sont d’abord un peu réticents, et les voisins se prennent d’affection pour le nouveau venu. J’aurais imaginé un rejet initial puis une prise de conscience progressive de la gentillesse d’Edward. Et en fait, c’est plutôt l’inverse…

Je ne m’appesantirai pas sur les multiples talents d’Edward, mais ils donnent lieu à des scènes assez cocasses. Le film apparaît donc plutôt comme une comédie, jusqu’à ce qu’il s’assombrisse. Car Edward, qui a toujours vécu seul, développe un sens moral particulier qui le pousse à faire avant tout plaisir à ceux qu’il aime… à commencer par la jolie Kim, la fille de son hôtesse (Winona Ryder). Ce qui va lui causer des ennuis, évidemment.

La fin m’a laissée un peu étonnée et perplexe quant à la morale du film : peut-on ou non vivre avec ceux qui ne nous ressemblent pas ? Faut-il privilégier ses amis ou avoir une vision plus large de la morale ? Je ne m’attendais pas forcément à ce type de résolution. Mais après tout, nous sommes chez Tim Burton, le roi de l’étrange ! Edward aux mains d’argent reste une sorte de conte de Noël à la fois drôle et mélancolique, qui permet de faire réfléchir les plus jeunes sur le concept de différence.

 

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