ainsi_soient_ils_1Guillaume, Yann, Emmanuel, Raphaël et José intègrent le séminaire des Capucins dans le but de devenir prêtres. Leurs supérieurs, le père Fromenger et le père Bosco, ont en charge de les former mais sont aussi confrontés à des luttes de pouvoir.

Après la première saison de Falco, m’étant attachée au personnage de Chevalier, j’ai découvert que son interprète apparaissait aussi dans Ainsi soient-ils, une série dont la thématique religieuse m’a intriguée.

L’idée

Au commencement était la diffusion des cérémonies religieuses le dimanche matin à la télévision, et la fascination qu’elles exerçaient sur le jeune Bruno Nahon. Des années plus tard, le producteur décide de s’intéresser de plus près à la religion catholique, peu exploitée dans les fictions françaises, et s’entoure de deux scénaristes de cinéma, David Elkaïm et Vincent Poymiro, puis du réalisateur Rodolphe Tissot, pour ce projet de série audacieux qui séduit Arte.

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De gauche à droite, debouts : Emmanuel, Père Bosco, Père Fromenger, Raphaël, Soeur Antonietta. Assis : Guillaume, Yann, José.

Scénario 

La série se déploie sur trois saisons, qui représentent chacune un moment clé de l’évolution des jeunes séminaristes que l’on suit dans leur découverte des conditions de leur futur métier de prêtre. La première saison est celle de la découverte du séminaire, et de la création des liens entre ces jeunes gens issus de milieux différents et appelés à servir Dieu pour des raisons variées. La deuxième saison insiste sur les conflits intérieurs des séminaristes, mais aussi sur les coulisses du pouvoir avec l’apparition du personnage de Monseigneur Poileaux. La troisième saison présente les séminaristes devenus prêtres dans leurs paroisses respectives.

Tonalités et thèmes

Certes, la série a un côté assez mystique, voire philosophique, et des scènes de dialogues autour des questions religieuses et éthiques émaillent les épisodes. Cependant, moi qui ne suis pas du tout friande de religion à l’origine, j’ai tout de même réussi à suivre sans sentir trop de longueurs dans l’histoire. J’ai moins accroché à tout l’aspect concernant le Vatican, les luttes de pouvoir entre les évêques et les prêtres, incarnées par les conseillers de Monseigneur Roman puis Monseigneur Poileaux. Ce personnage, présent à partir de la saison 2, apporte un côté décalé et drôle qui allège l’atmosphère générale de la série, ce qui lui permet de se renouveler après une saison 1 manquant parfois de nuances.

Ce qui m’a plu, c’est surtout l’aspect humain. C’est pourtant ce qui a fait de cette série une œuvre polémique, puisqu’on a pu lui reprocher de trop donner dans le genre feuilletonnesque, en dépit de la réalité assez stricte de la vie au séminaire. Mais heureusement que la série est romancée, car cela évite au spectateur de s’ennuyer ! On suit avec une certaine curiosité les parcours de vie des cinq séminaristes qui arrivent aux Capucins avec dans leurs bagages des histoires personnelles complexes, qui permettent d’évoquer plusieurs sujets intéressants tels que la réinsertion des prisonniers, la pression professionnelle, l’homosexualité et son traitement par l’Église, le lien entre structures religieuses et associatives… Au fur et à mesure que la série avance, elle mûrit et devient plus émouvante, car ses personnages gagnent en densité et en crédibilité. De plus, les scénaristes osent évoquer des sujets qui fâchent comme la pédophilie des prêtres, et ce sans tomber totalement dans le cliché.

Personnages 

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Cette série chorale est très ambitieuse au niveau du nombre de personnages que l’on suit : les cinq séminaristes, leurs familles, leurs supérieurs, leurs camarades au séminaire… La première saison est de ce point de vue un peu « brouillonne » car elle présente les personnages et a tendance à les cataloguer pour que le spectateur s’y repère : Yann est le gentil scout puceau et naïf, José le caïd devenu croyant en prison, Raphaël le fils de bonne famille égoïste et élitiste, Guillaume et Emmanuel les homosexuels qui hésitent à s’assumer. Mais ils sont tout de même sympathiques et les deux saisons suivantes leur offrent l’opportunité de développer d’autres aspects de leur personnalité. Certains deviennent particulièrement attachants au fil du temps. Pour ma part j’ai ressenti une préférence pour Guillaume (Clément Manuel), pour son côté à la fois philosophe et rebelle, prêt à moderniser l’Église, qui me paraît tenir une ligne intéressante pour les religieux d’aujourd’hui ; mais aussi pour Yann (Julien Bouanich), qui malgré son côté candide au départ trouve la force de lutter pour dénoncer un prêtre pédophile, et dont la ferveur et la gentillesse en font un des personnages les plus lumineux de la série. Par ailleurs, même si elles sont rares, les femmes de la série sont remarquables, et incarnées par des actrices très charismatiques. Corinne Masiero (l’infirmière du père Bosco) est toujours aussi surprenante et touchante, et Céline Cuignet incarne sœur Antonietta, l’assistante du père Fromenger, qui reste un de mes personnages préférés toutes saisons confondues.

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Soeur Antonietta

À voir après…

Rares sont les séries à aborder d’aussi près le thème de la religion. Canal + vient de lancer The Young Pope avec Jude Law, qui explore les coulisses du Vatican grâce à un personnage de Pape fictif. Malheureusement les acteurs ayant incarné les personnages principaux d’Ainsi soient-ils sont assez peu présents depuis dans d’autres séries, à l’exception de Clément Manuel que l’on retrouve en soutane dans la série belge Ennemi public, qui aborde aussi le quotidien d’un monastère.

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Et vous, avez-vous vu Ainsi soient-ils ? N’hésitez pas à venir en parler en commentaires !

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