robotandfrankFrank, ancien cambrioleur, est désormais un retraité kleptomane qui commence à perdre la mémoire. Inquiet, son fils Hunter lui offre un robot aide-soignant pour veiller sur lui et stimuler ses capacités physiques et intellectuelles…

Movie challenge 2016 : un film se déroulant dans le futur

Pas forcément très inspirée pour cette catégorie, j’ai fait confiance à la recommandation d’une amie qui m’avait dit avoir adoré ce film. C’était il y a plusieurs années mais je m’en suis souvenue fort à propos pour le Movie challenge

Jake Schreier, qui a depuis réalisé La face cachée de Margo, proposait alors son premier long-métrage avec un chouette casting : Frank Langella (vu récemment dans Captain Fantastic), Liv Tyler, James Marsden (27 robes) et Susan Sarandon. Sans oublier Peter Sarsgaard qui prête sa voix au robot !

Tout d’abord, je dois dire que j’ai beaucoup aimé cette Amérique « dans un futur proche » qui distille l’ultra-modernité par petites touches, sans tomber dans le grand spectacle ou la caricature. Ici, les robots tiennent des rôles certains mais relativement modestes : assistants au travail, aides-soignants à la maison, ils restent des objets coûteux et améliorables et ne font pas partie de la vie de tout un chacun. Le robot garde donc un côté « exotique » et bizarre, et c’est ce qui rend possible les diverses façons dont les humains l’appréhendent. Par ailleurs, on observe de nouveaux moyens de communication, tels que des écrans muraux destinés aux appels en vidéo et des portables ultrafins et transparents. De ce fait, le spectateur s’y retrouve dans cet univers très crédible.

Une fois cet ancrage posé, le réalisateur prend le temps de nous présenter les personnages un à un. Ce film a un tempo assez lent, qui s’adapte bien à la vie du vieux Frank : promenades à pied, visites de courtoisie à la bibliothécaire, flânerie dans les boutiques, où l’ancien cambrioleur ne manque jamais de faucher quelque bibelot. Le spectateur a donc bien le temps de comprendre comment s’organise la vie de Frank, rythmée par les appels de sa fille Madison, qui vit au Turkménistan, et les visites de son fils Hunter qui fait dix heures de route chaque week-end pour s’assurer que son père va bien. On comprend très vite que Frank commence à perdre la mémoire et refuse de l’admettre. C’est là qu’apparaît comme une baguette magique le robot !

Hunter l’offre à son père pour que celui-ci bénéficie d’une aide et d’une surveillance quotidienne. Et si le vieil homme est d’abord réticent, il comprend vite que son nouvel assistant peut se révéler un allié précieux pour reprendre son activité préférée : le vol. J’ai vraiment apprécié le robot, car il m’a semblé assez réaliste dans sa programmation. Peu à peu, Frank découvre à la fois son esprit malin mais aussi son absence totale de connaissances sur certains sujets ainsi que de règles morales… mais pas de conscience de soi ! J’aurais même voulu en savoir davantage sur le robot, l’entendre parler un peu plus. Mais l’essentiel y est, et on comprend l’enjeu qui se dessine peu à peu autour de la mémoire de l’appareil, comme si le problème initial de Frank était transféré sur son nouvel ami.

Si j’ai trouvé l’ensemble amusant et même assez touchant par moments, j’ai regretté le twist final concernant la famille de Frank, et la rapidité avec laquelle se règle la question du robot. C’est un peu dommage, il me semble que le film aurait mérité une fin un peu plus soignée et développée. Il n’empêche qu’on passe un bon moment devant cette fiction qui met en scène un duo original et pose quelques questions pertinentes sur les nouvelles technologies.

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