lafollehistoiredupicassoAprès la Première Guerre mondiale, la journaliste Jeanne Laguerre et son amie Mara Bijou, tenancière d’une maison de courtisanes, rencontrent le célèbre Picasso qui se met en tête de peindre le portrait de Mara. Mais la toile, à peine achevée, disparaît…

Du premier tome, La folle histoire de l’urinoir qui déclencha la guerre, j’avais gardé un souvenir amusé mais surtout la rencontre avec ses deux sympathiques auteurs. Pour cette suite, on retrouve Laurent Flieder en solitaire. Je me demandais quel impact cela aurait sur le développement de l’intrigue et du style. Je dois dire que j’ai été pleinement rassurée sur la pérennité du ton déjanté de cette série.

En effet, l’auteur nous abreuve une fois encore des aventures rocambolesques de personnages hauts-en-couleur. On retrouve avec joie Jeanne Laguerre, la journaliste féministe en avance sur son temps, qui m’avait particulièrement séduite dans le premier opus. Mais aussi la minuscule Mara Bijou, qui donne lieu à un festival de qualificatifs élogieux, le commissaire Baramine, P’tit Robert et d’autres encore.

J’ai aimé retrouver le mélange de la petite et de la grande histoire avec l’apparition de personnalités célèbres, que l’on met parfois un certain temps à reconnaître. On sent que l’auteur s’est fait plaisir avec l’accent espagnol du grand Picasso et son caractère enflammé qui apportent du piquant à l’intrigue. Celle-ci tourne autour d’une mystérieuse toile qui ne cesse de disparaître, ce qui a alimenté mon goût pour les passages secrets, clés dérobées et autres subterfuges. Je me suis vraiment prise au jeu, impatiente de savoir le fin mot de l’affaire, plus encore que dans le premier volume.

Je dois avouer que dans l’ensemble j’ai même nettement préféré ce deuxième livre. En effet, j’ai eu l’impression que le style s’était affiné, qu’il s’était délesté du côté un peu exagéré des jeux de mots et références que j’avais reproché à « L’urinoir ». Cette fois le dosage est bon, on sourit souvent mais sans se lasser ni perdre de vue l’intrigue principale. Ce qui ressort des trois premiers quarts du livre, c’est un côté joyeux et tourbillonnant extrêmement plaisant pour le lecteur, qui en plus se cultive, mine de rien, tant l’ouvrage est une fois encore documenté avec minutie.

Mais là où ce nouvel opus acquiert une dimension supplémentaire, c’est dans sa fin. La résolution de l’affaire de la toile en passe un peu au second plan, de même que les amours de Jeanne Laguerre, qui devient un peu midinette sur les bords (on espère qu’elle reprendra ses esprits rapidement). Car une autre affaire criminelle bien plus sordide vient se superposer à l’intrigue. L’occasion pour le lecteur de retrouver des personnages du premier tome (je me garderai bien de préciser lesquels) dans des situations sérieusement inattendues. On sent que la guerre est passée par là et qu’elle a abîmé en profondeur ceux qui l’ont vécue. Même si j’ai été un peu triste du destin d’un certain personnage en particulier, j’ai finalement trouvé que ce choix était très intelligent et judicieux car il apporte au livre une soudaine gravité bienvenue qui lui donne plus de profondeur et d’intérêt.

Bref, ma curiosité est à nouveau piquée, et si un troisième tome voit le jour, je ne bouderai pas mon plaisir !

Trois questions à… Laurent Flieder

 J’avais rencontré Laurent Flieder à l’occasion de la sortie du premier tome, et il a une fois de plus gentiment accepté de répondre à mes questions.  

  • Lors de la sortie du premier tome de « La folle histoire… », vous disiez que l’écriture à quatre mains était un vrai avantage. On vous retrouve en solo pour le deuxième tome… Cela a-t-il été facile de reprendre la suite sans votre acolyte ?

Bien sûr que non, ça n’a pas été facile : elle faisait quand même la moitié du boulot ! Du coup, évidemment, le second volume est  plus court que le précédent. Moins touffu peut-être, plus rythmé, plus centré sur une « action » principale. Mais les personnages nés du duo d’auteurs sont restés les mêmes et je peux même avouer que, sans prendre part directement à l’écriture finale, Dominique a continué à inspirer leur façon d’agir. C’est donc quand même un peu un livre « des mêmes auteurs ».

  • Aviez-vous déjà en tête le développement de ce deuxième livre en finissant le premier ? Comment avez-vous décidé quels personnages réapparaîtraient ou non ?

La folle histoire du Picasso… n’est pas exactement la suite de La folle histoire de l’urinoir… car les deux sont conçus pour être lus indépendamment et, pourquoi pas, dans le désordre. Mais après un volume qui se déroule dans les dernières années de la « Belle Époque»,  il était vraiment tentant de savoir ce qu’allaient devenir nos personnages après les horreurs de la première guerre. Les deux héroïnes, Jeanne et Mara, revenaient donc forcément en première ligne, mûries mais toujours aussi fonceuses, ainsi que le capitaine Baramine et ses adjoints puisqu’il y avait nécessairement enquête policière (et nécessairement bâclée…). Quant aux autres, eh bien, sans dévoiler le suspens, on peut dire qu’ils ont fait du chemin… dans tous les sens !

  • On a l’impression qu’une suite pourrait encore voir le jour… Avez-vous déjà planifié un ou plusieurs tomes supplémentaires ?

Vous l’avez certainement remarqué : comme il se doit dans tout roman feuilleton, un nouveau mystère apparaît dans les toutes dernières pages du livre, où ressurgit également un personnage haut en couleur qui avait animé plus d’une péripétie dans le volume précédent. Aucun doute : il se trame quelque chose. Et la personnalité réelle, très, très célèbre, qui fait alors son apparition, risque fort d’être au centre d’un nouveau volume riche en rebondissements…

Un grand merci à Laurent Flieder pour ses réponses et son soutien au blog !

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