lenomdelarose1327, Toscane. Venu avec son maître Guillaume de Baskerville à la rencontre de moines bénédictins, le jeune novice Adso découvre que l’abbaye est secouée par des décès suspects et par les relations avec les paysans voisins, dont une jeune sauvageonne… 

Movie challenge 2016 : un film que je veux voir depuis des années sans en avoir l’occasion 

Après avoir vu Le dernier loup l’an dernier, je m’étais dit qu’il faudrait que je me replonge dans la filmographie hautement éclectique de Jean-Jacques Annaud. Je connais ses films animaliers, L’Ours et Deux frères, depuis longtemps, j’avais aussi beaucoup aimé Sept ans au Tibet. Celui qui m’intriguait le plus, c’était Le nom de la rose, dont tout le monde me parlait comme d’un film culte, à voir absolument.

J’ai donc saisi l’occasion offerte par le Movie challenge pour découvrir l’adaptation du pavé d’Umberto Eco, non sans une légère appréhension, due à mon inaptitude habituelle à adhérer aux « vieux films ». Pourtant, malgré des images qui ont beaucoup vieilli, on se laisse prendre par les aventures du jeune Adso (tout jeune Christian Slater) et de son maître Guillaume de Baskerville (Sean Connery). S’il délaisse ici le smoking de James Bond, celui-ci n’en est pas moins un enquêteur hors pair, bien décidé à percer le mystère des décès suspects qui agitent l’abbaye où il vient de poser ses bagages. Son nom, allusion à la fois à Guillaume d’Ockham et au chien des Baskerville, donne le ton : le personnage est malin, logique et cartésien. Refusant de croire que les morts soient le fruit d’une punition divine, il est persuadé de pouvoir trouver une explication rationnelle et fait travailler ses méninges pour la trouver.

On est ici dans un film à suspense, un polar avant l’apparition de la police, dans un univers rappelant vaguement la série de romans Garin Trousseboeuf qui a marqué mon adolescence. D’ailleurs Adso m’a fait penser à Garin, car bien que naïf et parfois maladroit, il est doté de bonnes intuitions qui lui permettent d’aider son maître à élucider l’énigme des morts brutales, et à échapper au tueur qui se met à les pourchasser. C’est aussi en quelque sorte un film d’apprentissage, car le jeune homme a ainsi l’occasion de se mettre à l’épreuve, de réfléchir à la foi, à l’importance de la raison et de la philosophie, et de découvrir l’amour sous les traits d’une paysanne façon enfant sauvage qui s’exprime par borborygmes et manifeste son désir avec brutalité, dans une scène érotique devenue culte (et qui m’a personnellement plutôt refroidie).

Autour des deux héros, les moines composent une galerie des horreurs, coiffés et maquillés pour ressembler à des gargouilles effrayantes. Leur laideur, un peu exagérée, permet toutefois de ne pas trop confondre le grand nombre de personnages et m’a amusée. On ne peut pas dire que j’aie été complètement captivée par le film mais certaines scènes ont retenu mon attention, comme la découverte du labyrinthe caché au cœur de l’abbaye, la diatribe d’Ubertin contre les femmes, avatars diaboliques, et la révélation de la clé du mystère. Je ne m’attendais pas à ce que l’enjeu des meurtres soit tel et j’ai trouvé cela intéressant (je me garderai bien d’en dévoiler davantage). Bref, un film à voir, qui mérite sans doute sa réputation de classique, mais qui ne m’a pas plus enthousiasmée que cela.

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