victoriaAvocate divorcée, Victoria jongle tant bien que mal entre vie familiale et professionnelle. Lors d’un mariage, elle retrouve Sam, qu’elle avait défendu dans une affaire de drogue. Dans la soirée, un ami de Victoria est accusé d’avoir poignardé sa compagne…

Movie challenge 2016 : un film avec un mariage

Il paraît que Justine Triet avait déjà été remarquée pour son premier long-métrage, La bataille de Solférino, mais pour ma part je ne connaissais pas du tout cette réalisatrice. Alors quand j’ai commencé à entendre parler d’un film avec Virginie Efira, sur une presque quarantenaire presque dépressive, je ne me suis pas vraiment précipitée. Il faut dire que mon avis sur la blonde Belge a pas mal fluctué, entre un agacement certain face à la présentatrice de Nouvelle Star, ses premiers rôles dans des comédies romantiques (L’Amour c’est mieux à deux, La chance de ma vie…) qui m’ont laissée assez indifférente et plus récemment sa jolie prestation dans Caprice. Qu’une actrice soit choisie par Emmanuel Mouret est tout de même pour moi un certain marqueur d’élégance et de potentiel.

J’avais donc commencé à tourner ma veste avant Victoria, et après avoir visionné la bande-annonce, j’ai commencé à penser que ce pourrait être un film sympathique. Et comme j’ai eu la chance de gagner des places grâce à monsieur Baz’art (merci !), le spécialiste des concours cinéma sur la toile, j’ai pu me faire ma propre opinion.

Première constatation, et non des moindres pour une comédie : je me suis franchement amusée. Dès les premières images d’une Victoria lâchée par son baby-sitter, j’ai eu le sourire aux lèvres. D’une part parce que j’ai trépigné sur mon siège en reconnaissant Arthur Mazet (« c’est le gamin avec la guitare dans Nos jours heureux ! »), et ensuite parce que j’ai été embarquée par le rythme de ce film qui retranscrit bien la vie de l’avocate débordée, dont les deux filles ont le chic pour faire de l’appartement un capharnaüm. Par la suite, on verra d’ailleurs beaucoup plus les aléas professionnels de Victoria, dont les enfants passent très vite au second plan (tant mieux d’ailleurs, j’ai très souvent du mal avec les enfants au cinéma). Suppliée par son ami Vincent (Melvil Poupaud, très réjouissant en loser pathétique), accusé de tentative de meurtre par sa compagne, Victoria accepte de le défendre et se lance dans un procès rocambolesque, où seront cités comme principaux témoins un dalmatien et un chimpanzé. Ce côté délirant qui s’éloigne pas mal de la réalité du quotidien d’une avocate apporte un humour un peu décalé qui n’est cependant pas à mes yeux le principal intérêt du film.

Ce qui m’a surtout enthousiasmée, c’est le traitement amusant d’un sujet qui l’est nettement moins : la descente aux enfers d’une femme paumée, qui semble perdre pied dans tous les aspects de sa vie et risquer de s’effondrer du jour au lendemain. J’ai pensé à des œuvres comme Jupe ou pantalon évoquant la difficulté à combiner travail et vie de mère pour les femmes d’aujourd’hui. Victoria est prête à se raccrocher à n’importe quoi, tant elle est désespérée sans vraiment en avoir conscience : les conseils d’un acupuncteur, d’une voyante, de ses clients… et de Sam, un ancien dealer qu’elle accepte d’héberger en tant qu’« assistant personnel ». Vincent Lacoste, que je n’avais pas pris très au sérieux jusqu’ici malgré quelques scènes intéressantes dans La vie très privée de Monsieur Sim, donne vie à un personnage attachant, contre toute attente. Le jeune type instable et sans envergure que Victoria croise au mariage se révèle futé, à l’écoute et extrêmement touchant dans l’amour évident qu’il porte à l’avocate. Il est servi par des dialogues aux petits oignons et emporte l’adhésion du spectateur, même si la fin en devient assez prévisible.

Une bonne comédie actuelle et douce-amère qui fera sans nul doute évoluer positivement la carrière de ses deux principaux interprètes.

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