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POLICEAux prises avec une situation personnelle complexe, Virginie doit faire équipe avec Érik, son supérieur rigoureux, et Aristide, le jeune collègue avec qui elle entretient une liaison, pour une mission délicate : il s’agit de ramener à l’aéroport un homme prêt à être expulsé du territoire… 

Je ne connaissais pas du tout Hugo Boris, qui publie pourtant avec POLICE son cinquième roman. Mais parmi les titres de la rentrée de Grasset, mon attention a été retenue par le résumé de ce récit on ne peut plus d’actualité.

Alors qu’en moins d’un an, les policiers français ont été affublés tantôt du costume de superhéros du quotidien, tantôt de celui de bourreaux des manifestations, il était opportun de publier en cette rentrée littéraire ce roman qui met en scène trois flics dans une voiture, pour un huis clos de quelques heures. Dénué de grandiloquence, le texte colle à la réalité d’une mission difficile, hors des sentiers battus pour nos trois fonctionnaires de police, qui ont alors l’occasion de s’interroger sur les fondements de leur profession.

Trois profils différents sont réunis sous un même uniforme : le rigide, sûr de son bon droit et de la nécessité d’appliquer les règles en toutes circonstances, le chien fou manquant de plomb dans la cervelle mais pas d’aplomb, et la jeune mère de famille dépassée par ses problèmes personnels et par la réalité d’un monde sans concessions.

C’est par le regard de Virginie que le lecteur vit cette journée de canicule où la vie va forcément basculer. Car l’officier des forces de l’ordre, en uniforme masculin, le flingue battant aux hanches, n’en est pas moins une femme, qui vacille entre ses devoirs de mère d’un petit enfant et la redécouverte du désir inspirée par son collègue Aristide. Cet homme dont elle refuse de porter l’enfant, la jeune femme l’observe à la dérobée et en dresse un portrait plus nuancé qu’il n’en a l’air, au fur et à mesure que les événements de la journée la forcent à réfléchir intensément au sens à donner à sa vie.

Les péripéties se succèdent au fil de la mission, dont l’issue semble pourtant inéluctable. L’homme étranger, qui tait sa peur et semble résigné, devient l’enjeu d’une lutte entre devoir légal et devoir moral, entre deux idéaux qui se défendent. Peut-on rester humain sous l’uniforme, et suivre ses intuitions en dépit des ordres ? Comment concilier vie privée et vie professionnelle ? Et si cette mission particulière pesait de façon inattendue sur l’intimité de Virginie et de ses collègues ?

Avec honnêteté, Hugo Boris prête vie à une femme comme les autres, l’uniforme en plus. Un récit qui rappelle la difficulté du métier de policier, et rend hommage sans trop en faire à ceux qui, jour après jour, font appliquer la loi quoi qu’il leur en coûte.

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