TheRevenantHugh Glass et ses compagnons trappeurs sont assaillis par des Indiens qui semblent en vouloir aux peaux dont ils font commerce. Alors qu’ils fuient dans les montagnes, Glass est attaqué par un ours. Mourant, il est confié avec son fils Hawk à Fitzgerald et Jim pendant que les autres cherchent à retourner au camp général…

Movie challenge 2016 : un film basé sur des faits réels

J’avais failli aller voir ce film en salles, parce que je sentais que DiCaprio allait enfin décrocher son Oscar avec ce rôle. Et puis j’avais été quelque peu échaudée par la lecture de certaines critiques, parfois extrêmement négatives, disant qu’Iñárritu se complaisait dans la violence, et qu’à ce stade-là, ce n’était même plus du cinéma.

Cela m’avait tout de même un peu surprise car j’avais apprécié Birdman et que je ne voyais pas comment un réalisateur capable d’une telle technique (le montage comme un seul plan-séquence notamment) pouvait rater un film à ce point-là.

Comme il vaut toujours mieux se faire un avis soi-même, j’ai passé outre ma crainte d’être traumatisée par des scènes violentes et je me suis plongée dans l’histoire d’Hugh Glass. Ce n’est qu’a posteriori que j’ai réalisé que ce film était parfait pour la catégorie « film basé sur des faits réels » du Movie challenge, car il s’appuie sur la vraie vie d’Hugh Glass, déjà narrée dans le livre de Michael Punke.

Dès les premières images avec l’attaque des Indiens sur le camp trappeur, j’ai retrouvé avec plaisir la patte du réalisateur dans la façon de filmer : un long plan tourbillonnant qui nous porte en quelques instants d’un combattant à l’autre, en suivant le mouvement d’une flèche ou d’une arme à feu. Ça bouge, ça vit et ça meurt à toute allure devant les yeux du spectateur, c’est du grand spectacle. Cette dextérité de la caméra qui nous plonge au plus près du réel, je l’ai bien sûr retrouvée lors du combat entre Glass et le grizzly, qui a tant déchaîné les passions. Certes, la scène est violente, mais je m’attendais à bien pire. Je n’ai pas eu l’impression d’une exagération ou d’un voyeurisme malsain, juste d’une scène réaliste. Il est vrai que beaucoup de réalisateurs auraient sans doute stylisé davantage le combat ou détourné pudiquement la caméra mais c’est bien le genre d’Iñárritu de plonger au cœur de son sujet. C’est aussi ce qui donne de la force au film, car on saisit réellement le calvaire qu’a enduré Glass et la force mentale qu’il lui a fallu pour survivre jusqu’au bout. Cela dit, pour les âmes vraiment sensibles, certains passages risquent d’être un peu difficiles à supporter, par exemple lorsque Glass se cautérise ou lors du duel final.

Présent dans tous les plans ou presque, enseveli sous la peau de l’ours, DiCaprio a vraiment mérité sa récompense, car le tournage a dû être éprouvant et son interprétation est sans failles, de même que celle de Tom Hardy en trappeur peu scrupuleux. Cette histoire de vengeance a quelque chose d’un western qui aurait changé de décor, abandonnant les déserts parcourus par les virevoltants au profit des forêts enneigées du Dakota. Une fresque de 2h36 qui passe plutôt vite et qui n’ennuie pas le spectateur, malgré la rareté des dialogues. C’est un film centré sur les actes et les émotions, exprimées par les visages marqués et les corps souffrants. La parole ne sert dans ce contexte qu’à mentir et tromper comme le fait Fitzgerald, elle n’est pas nécessaire dans les rapports les plus vrais comme ceux de Glass avec les Indiens qu’il croise sur sa route.

Bref, un vrai et beau film qui a mérité ses récompenses plus que les critiques négatives qui lui ont été adressées, et qui était sans doute encore plus impressionnant sur grand écran.

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