ValentinvalentinLorsque Valentin acquiert un appartement, tout l’immeuble est bientôt en émoi : la gardienne qui fait le ménage chez lui, l’Anglaise alcoolique d’en face, les étudiantes colocataires, toutes n’ont d’yeux que pour Valentin, engagé dans une liaison avec Claudia, une femme mariée… 

Doté d’un casting plutôt alléchant, le film m’avait fait envie à sa sortie en salles, surtout parce que j’avais hâte de voir ce que pouvait proposer Pascal Thomas en adaptant un roman anglais. Il faut dire que La dilettante m’a laissé un souvenir impérissable (« Le problème c’est mon fils » est devenu chez moi une réplique culte) et qu’on trouve sur le podium de mes films préférés de tous les temps Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour (je le connais presque par cœur).

Pourtant j’avais craint en visionnant la bande-annonce de ne pas retrouver le grain de folie et l’univers décalé et si particulier du réalisateur, ce qui m’avait retenue. C’est donc avec un sentiment mitigé que je me suis lancée dans le visionnage de Valentin valentin. Procédé parfois lourd, la voix off, celle du voisin d’en face (Christian Vadim) ne m’a pas dérangée, car elle permet de donner un point focal à la narration, qui pourrait vite se perdre entre les nombreux personnages.

Dès le début, nous savons que l’histoire va mal tourner pour Valentin, retrouvé mort dans le parc voisin de son domicile, sous un pont. Pour ma part, je suis entrée dans le film comme dans un polar, avec l’idée de l’enquête et l’envie de savoir qui avait tué le jeune homme.

Mais il faut s’armer de patience pour entrer dans le vif du sujet, car le meurtre et l’enquête ne seront de nouveau évoqués qu’après une heure vingt de film ! Le scénario nous ramène à l’aménagement de Valentin et nous présente tour à tour tous les invités présents à sa crémaillère, afin de détailler les relations de chaque suspect futur avec l’hôte. Peu à peu, on découvre que Valentin a un étrange pouvoir sur les femmes : sans se comporter en séducteur, il les rend toutes folles de lui. Claudia (Marie Gillain), sa maîtresse nymphomane prête à braver la jalousie de son mari, les étudiantes du dessus, avec en tête Élodie (Marilou Berry), pourtant vaguement en couple avec Romain (Félix Moati), et même la gardienne (Christine Citti, que j’ai toujours plaisir à retrouver depuis Eloïse Rome). Même Jane, l’alcoolique, s’adoucit au contact de Valentin. Il faut dire que celui-ci reste courtois et gentil avec tout le monde, en dépit d’un caractère assez fade par ailleurs. Insensible à la panoplie de femmes qui le désirent, Valentin n’a bientôt qu’une idée en tête : découvrir ce qui se cache dans la maison d’en face, occupée par des Asiatiques censés cultiver des orchidées rares. Objet de fascination de ses voisines, il est à son tour captivé par le charme de la jeune fille qui semble prisonnière de sa famille, surnommée Lys tigré.

Alors, qui a tué Valentin ? On en revient tout de même à la question initiale après un développement parfois décousu, et le film reprend du poil de la bête lorsque tous les témoins sont interrogés par la police, laissant libre cours à leurs fantasmes : « il m’a fait des avances », « on était très proches », « je l’ai tué », autant de déclarations fantaisistes qui permettent à l’assassin de passer entre les mailles du filet… au moins dans un premier temps.

Malheureusement, j’ai été déçue par la fin du film, que j’ai trouvée très expéditive. Malgré des acteurs plutôt investis (même si je reste réservée sur le choix de Vincent Rottiers dans le rôle-titre), le long-métrage ne m’a pas vraiment convaincue, et reste bien en-dessous des grandes réussites de son réalisateur.

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