menwomenandchildrenLe lycée est sous le choc : Tim Mooney, la star de l’équipe de l’école, abandonne le foot pour se consacrer à un jeu vidéo. Pendant ce temps, la mère d’Hannah veut l’aider à devenir actrice, et celle de Brandy surveille tous les réseaux sociaux de sa fille…

 Movie challenge 2016 : un film d’un réalisateur que j’adore

Pour cette catégorie du Movie challenge, j’avais le choix entre plusieurs réalisateurs français dont j’ai vu tous les films (Philippe Lioret, Emmanuel Mouret, Rémi Bezançon…) ou alors quelques Américains. J’ai choisi Jason Reitman pour plusieurs raisons. La première étant que j’avais loupé Men, women & children en salles et que j’avais vraiment envie de le voir. Mais surtout, je trouve que les films de ce réalisateur incarnent tout ce que j’aime dans le cinéma américain : une veine de comédie nuancée, où la légèreté révèle des circonstances parfois dramatiques, et qui dévoile les travers de la société contemporaine. Un cinéma réaliste qui offre de vraies tranches de vie, un peu comme Little Miss Sunshine, Sunshine Cleaning ou States of Grace. Sauf que Jason Reitman est aussi capable d’employer dans ses films façon cinéma indé des têtes d’affiche, parfois dans un de leurs meilleurs rôles (je pense à George Clooney, excellent dans In the air) ou de révéler de jeunes talents (Ellen Page dans Juno).

En dépit de critiques très mitigées sur ce long-métrage, j’avais donc hâte de le découvrir. Et je n’ai pas été déçue. Ici, le réalisateur s’attaque à un nouveau sujet, après les grossesses adolescentes et le licenciement : l’évolution des rapports amoureux et sexuels à l’ère de la communication numérique. D’où le choix de faire apparaître aux côtés des personnages le contenu de l’écran de leur smartphone (un peu comme la jauge de vie dans les jeux vidéos). Le procédé peut sembler étrange mais fonctionne plutôt bien pour nous laisser comprendre ce qui sous-tend les rapports humains (par exemple lors de la conversation entre les trois « copines » Hannah, Allison et Brooke). Les jeunes acteurs s’en tirent tous avec brio, et j’ai trouvé que, pour la plupart (exceptée Hannah, en fait), ils jouaient avec les clichés de façon assez intéressante. Évidemment j’ai trouvé particulièrement attachant le tandem Tim (Ansel Elgort, qui apparemment est déjà une star mais que je n’avais jamais vu, ce qui m’a permis de croire complètement à son personnage) et Brandy (déjà exceptionnelle dans States of Grace). Ce sont sans doute les personnages d’ado les plus approfondis et réalistes : l’un subit la séparation de ses parents et découvre en même temps ce qui lui tient vraiment à cœur, indépendamment de toute influence éducative, et l’autre se compose un personnage sexy et torturé sur Tumblr pour déjouer la pression maternelle. Parmi les adultes, le couple Truby (Adam Sandler-Rosemarie DeWitt) m’a vraiment plu du début à la fin, dans sa maladresse et sa difficulté à communiquer.

Outre le fait que le film soit bien construit et nous donne envie de savoir comment les trajectoires des personnages vont influer les unes sur les autres, j’ai beaucoup aimé la façon nuancée dont Jason Reitman traite son sujet. En effet, on aurait pu s’attendre à une bête critique du numérique, qui détruit les couples, pousse à l’adultère, met en tête des modèles de sexualité pervers et irréalistes, coupe du quotidien et des autres et met les jeunes en danger. Mais cette ligne d’argumentation, défendue par le personnage de la mère de Brandy (Jennifer Garner), est en fait la cause de la situation la plus tragique du film (au point que celui-ci pourrait tout à coup basculer dans le drame…).

Un propos assez fin donc, qui pose un vaste panel de questions sans se contenter de réponses évidentes. Un bon Jason Reitman, que je reverrai avec autant de plaisir que ses films précédents !

 

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