SeuledanslanuitAveugle depuis un accident, Suzy appréhende les journées sans son mari, le photographe Sam Hendrix. Elle ignore que celui-ci a rapporté de son dernier voyage une poupée confiée par une inconnue à l’aéroport, et que l’objet contient de la drogue…

Movie challenge 2016 : un film que ma mère adore

Dans la famille, c’est plutôt « maman lit et papa regarde des films ». Cependant, voulant respecter scrupuleusement les intitulés du Movie challenge, j’ai demandé à ma mère quel était son film préféré. Elle m’a immédiatement cité Seule dans la nuit, dont j’avais déjà entendu parler plusieurs fois, ce qui fait que je connaissais plus ou moins le scénario.

Voir ce film était pour moi à double tranchant : certes, j’aime beaucoup Audrey Hepburn (en particulier dans Breakfast at Tiffany’s), mais j’ai souvent du mal avec les « vieux films » qui ne réussissent pas à m’embarquer dans leur atmosphère. Au moins, celui-ci était en couleurs ! Toutefois, je ne peux pas nier avoir été dérangée par certains éléments, en particulier concernant le jeu des acteurs, que j’ai trouvé très – trop – théâtral. Cela dit, j’ai découvert après coup que le film est adapté d’une pièce de théâtre et que Terence Young avait voulu conserver cet héritage. Je comprends donc mieux le côté assez excessif des réactions des personnages (Suzy en tête, qui n’hésite pas à appeler à pleins poumons quelqu’un qui n’a aucune chance d’arriver pour l’aider, au moment même où la présence des « méchants » inviterait plutôt à la discrétion…).

De plus, on m’avait présenté le film comme un huis clos angoissant, et je me voyais déjà dans une ambiance hitchcockienne. On n’en est par instants pas si loin, notamment grâce à la musique du film et à certaines scènes (la plus célèbre est sans doute celle où Suzy brise toutes les ampoules de l’appartement). Mais je n’ai pour autant jamais frémi, certaine que la jeune femme allait sortir saine et sauve de ce mauvais pas. La faute sans doute à une réalisation beaucoup moins nerveuse que celle des thrillers contemporains.

Mais j’ai malgré tout trouvé ce film très intéressant, notamment grâce au traitement du handicap du personnage principal. Je ne suis pas sûre qu’il ait été très courant à l’époque de choisir une héroïne handicapée, et je trouve cela très judicieux. En effet, en dépit de ses difficultés au quotidien, nécessitant l’aide de la facétieuse Gloria, Suzy ne se comporte pas comme une victime. Elle se déplace de manière étonnamment fluide dans l’appartement, trouve des solutions pour accomplir toutes les tâches requises au quotidien et semble décidée à surmonter au mieux la défaillance d’un de ses sens. Si elle plaisante sur la volonté de son mari de faire d’elle la « championne des aveugles », le titre original du film va même plus loin : Wait until dark, c’est-à-dire « attends un peu qu’il fasse sombre et on va voir qui est le meilleur » ! Car dans l’obscurité, Suzy est forcément beaucoup plus à l’aise que ses adversaires. C’est ainsi que l’intelligence, combinée aux autres sens surdéveloppés de la jeune femme, peut lui donner une chance de l’emporter face à des hommes armés et malintentionnés. Au fond, Suzy est un peu la cousine de Daredevil…

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