lavietrèsprivéedemonsieursimMonsieur Sim se sent seul. Sa femme l’a quitté, il a perdu son travail et il n’a pas d’amis. Alors il raconte sa vie aux inconnus qu’il croise. Un jour, une jeune femme croisée à l’aéroport accepte de rester en contact avec lui…

On ne va pas se mentir, les critiques qui ont jugé ce film décousu et bizarre à sa sortie n’ont pas eu tout à fait tort. C’est pourquoi il ne m’attirait pas spécialement, d’autant que le casting me laissait totalement insensible. Et puis, je suis tombée sur la bande originale sur Spotify. Une bande-son signée Vincent Delerm, qui s’essaie pour la première fois à la composition de musique de film. Aimant beaucoup ses premiers albums, j’ai commencé à écouter celui-ci. Et puis je me suis dit que, tant qu’à faire, autant regarder à quelle histoire correspondait ce son italianisant mélancolique.

Comme je ne m’attendais pas à grand chose, on ne peut pas dire que j’ai été déçue. J’ai même passé plutôt un bon moment, avec quelques élans de franche rigolade, surtout au début. Monsieur Sim est aussi agaçant que touchant, c’est un joli rôle pour un Jean-Pierre Bacri plus sobre que parfois. Je l’ai trouvé touchant quand il décide soudainement d’emmener sa fille voir la mer en pleine nuit. Cette incapacité à prendre en compte les réalités concrètes (les impératifs de son nouveau travail de représentant en brosses à dents, par exemple) et les sentiments de ses interlocuteurs en font un personnage décalé qu’on prend facilement en pitié.

Peu à peu, le film devient étrange, voire angoissant par moments. On se demande comment tout cela va finir, et si l’histoire de Donald Crowhurst, un marin amateur qui se serait jeté à l’eau pour ne pas avouer une tricherie à l’arrivée, ne va pas influencer négativement notre bon vieux Sim. Car celui-ci a l’air bien malléable, semblant gagner en consistance au fur et à mesure de ses rencontres.

Le film s’enlise un peu dans son milieu, au point que j’ai commencé à m’ennuyer, jusqu’à ce que Sim découvre un cahier appartenant à son père, dans lequel celui-ci raconte sa jeunesse. On voit alors apparaître Vincent Lacoste et Félix Moati, dans ce qui ressemble à un court-métrage enchâssé. J’ai beaucoup aimé cette partie du film, déjà parce que je trouve un vrai naturel à Félix Moati depuis À trois on y va, et aussi parce que le rythme devient soudain enlevé, tourbillonnant. J’aurais aimé que l’histoire de la jeunesse de Jacques Sim soit plus développée, j’ai trouvé que cette partie passait trop vite… Et en plus, pour aboutir à une fin complètement téléphonée et assez aberrante à mes yeux.

Bref, pas un grand film malgré quelques scènes intéressantes et des acteurs plutôt bien choisis (j’ai enfin pu découvrir Vimala Pons dont j’entends parler partout !). Il faut dire que le roman de Jonathan Coe qui sert de base au long-métrage de Michel Leclerc (connu pour Le Nom des gens) est assez alambiqué et conceptuel, d’après ce que j’ai compris. Comme quoi, tous les livres ne se prêtent peut-être pas à l’adaptation au cinéma…

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