brightstarFanny Brawne, jeune femme effrontée passionnée par la couture et la mode, s’éprend malgré elle de son nouveau voisin, le poète sans le sou John Keats…

Movie challenge 2016 : un biopic historique

On ne va pas se mentir, c’est l’une des catégories du Movie challenge que je redoutais le plus (avec le film de guerre et le film d’horreur, je crois). J’ai un problème depuis toujours avec les histoires vraies, en livres ou au cinéma : elles m’ennuient atrocement. Par principe, il suffit qu’un film raconte l’histoire d’une personne réelle – a fortiori célèbre – pour que je n’aie aucune envie de le voir.

Mais il en fallait bien un. J’ai donc choisi Bright star avec un certain espoir. En effet, j’avais déjà failli aller le voir lors de sa sortie en salles, alléchée par une bande-annonce digne d’un tableau impressionniste. Tenues pré-victoriennes, passion et champs de fleurs, une combinaison fort attrayante à mes yeux.

Après tout, j’ai aimé toutes les adaptations de Jane Austen que j’ai vues, apprécié The Duchess, adoré Loin de la foule déchaînée. Un de plus ou de moins… Le problème, c’est que le film de Jane Campion a souffert de la comparaison. On y retrouve une jeune femme au caractère bien trempé, mais trop malpolie pour attisée ma sympathie, des robes d’époque, mais trop tarabiscotées pour me faire rêver, une scène de bal, trop vite expédiée pour que le clin d’œil m’amuse.

Certes, l’amoureux transi n’est pas n’importe qui, c’est Keats, le grand poète romantique au destin tragique, incarné par Ben Whishaw, dont j’ai bien sûr pu mesurer le talent dans Le Parfum et Cloud Atlas. Malheureusement, je l’ai trouvé ici très en retrait. En fait, c’est bien Fanny la véritable héroïne du film de Jane Campion, et c’est un peu dommage. Non pas que je n’aime pas Abbie Cornish : j’avais apprécié son personnage dans Une grande année (un film qui ne mérite pas sa réputation de navet). Mais c’est un peu comme ce que j’ai entendu dire de The Danish Girl : quand on fait un film autour d’une figure capitale de l’histoire culturelle ou sociale, autant lui rendre justice.

Pour autant le film n’est pas déplaisant, mais long. Vous l’aurez compris avec mon titre parodique, je me suis ennuyée. Les passages où les poèmes de Keats sont récités m’ont paru interminables, car trop récités. L’ensemble manque un peu de vie, de fraîcheur, et surtout de fougue. À peine si l’on voit les deux amants s’embrasser dans l’herbe en cachette. C’est un peu timide, comparé à la réaction de Fanny à la fin. Peut-être aussi que le caractère laxiste attribué à la mère de Fanny nous empêche de bien comprendre : après tout, qu’est-ce qui empêchait vraiment la jeune femme de vivre pleinement cette passion jusqu’au bout si elle le souhaitait ? Ne pouvait-elle pas suivre son poète en voyage ? L’épouser et les faire vivre de ses travaux de couture ? Le film doit certainement rater certains enjeux de l’époque, car pour le spectateur, les obstacles ne sont pas bien évidents.

Au final, ne restent que les jolies fleurs de la bande-annonce, et le sentiment d’un certain gâchis : il y aurait pourtant eu là matière à un grand film romantique.

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