lesecretdesbanquisesLe professeur Quignard travaille avec son équipe sur la PPM, une protéine présente chez le pingouin qui assurerait l’immunité. Christophine, son assistante éperdue d’amour et d’admiration, décide de s’injecter du génome pingouin pour accélérer la recherche…

J’ai repéré ce film sur le blog Baz’art et j’ai tout de suite été intriguée. Un premier film français part toujours avec des chances de me séduire, et l’univers si particulier dévoilé par la bande-annonce me donnait vraiment envie d’en savoir plus. Et comme j’ai eu la chance de gagner des places pour aller le voir (merci l’équipe de Baz’art et Mars films !), j’étais ravie.

J’ai eu une petite crainte tout de même en découvrant le générique animé, qui me semblait très mignon mais assez enfantin. Et j’ai rapidement été de surprise en surprise. Dès l’apparition de Gaston, le bébé pingouin, j’ai commencé à trouver le film très drôle. En effet, il y a dans Le Secret des banquises un vrai potentiel comique que la bande-annonce ne m’avait pas laissé soupçonner. Déjà avec ce petit animatronique adorable, mais aussi grâce au personnage de Christophine (Charlotte Le Bon, que je découvrais ici), rêveuse et maladroite, prête à tout (même au sacrifice) pour se faire remarquer de l’éminent professeur Quignard. Les personnages secondaires sont aussi assez drôles, en particulier le tandem Anne Le Ny-Patrick d’Assumçao qui materne le professeur Quignard comme s’il était leur fils. Les dialogues n’évitent pas quelques ressorts éculés (personne ne retient le prénom de Christophine, qui a droit à Corine ou Joséphine durant tout le film), mais l’ensemble fonctionne. On atteint un niveau de burlesque supérieur avec l’entrée en scène de Siegfried, le responsable des souris de laboratoire (Damien Chapelle), dont chaque apparition m’a fait pouffer.

J’ai donc été étonnée de rire autant devant ce film dont le sujet (la recherche médicale, mais aussi l’utilisation d’un cobaye humain) ne prêtait pas franchement à l’amusement. Mais le thème est ici traité de façon stylisée et surréaliste. C’est un conte que nous propose Marie Madinier, un conte où la princesse peut mourir de froid, où les potions magiques luisent de couleurs flashy, où l’on ne sait plus très bien qui du pingouin ou de l’homme observe l’autre et où, comme toujours, seul l’amour (mais ici au sens physique !) peut sauver le monde.

J’ai beaucoup apprécié cet univers onirique, et d’autant plus lorsque le film prend une tournure plus dramatique. Le professeur Quignard (Guillaume Canet), écœurant d’assurance et de mépris pour la vie (celle des souris du labo comme celle de Christophine, réduite à l’état de poupée de chiffon qu’on manipule à l’envi pour servir la science), voit sa carapace se fissurer à mesure qu’il comprend les conséquences de son protocole et se met à douter. C’est le moment, peut-être un peu trop tardif, où les personnages jusqu’ici esquissés commencent à gagner en profondeur. J’aurais bien aimé que ce développement soit plus prononcé, que Christophine et le professeur puissent davantage exprimer leur personnalité propre en se débarrassant de leurs rôles de cobaye et de scientifique.

J’ai donc été un peu sceptique face au final magique choisi par Marie Madinier, qui nous ramène dans l’esthétique du conte, résolvant un peu facilement les questions de responsabilité, de culpabilité et de sentiments.

Néanmoins j’ai passé une très agréable séance dans cet univers blanc dont la luminosité apparente révèle les zones d’ombre du milieu de la recherche. Pour un premier film, Le Secret des banquises propose une couleur déjà très personnelle et relativement aboutie. Une belle réalisation, et une cinéaste à suivre, assurément.

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