Mots-clefs

,

lacouleurdulait1831. Mary, jeune servante chez un pasteur, décide de raconter sa courte vie : son éducation rude à la ferme avec ses sœurs, son travail chez le révérend Graham et comment elle a appris à lire… 

Ce livre était proposé parmi les choix de la lecture commune de mai dans le tout nouveau tout beau Club de lecture du Pingouin vert (n’hésitez pas à nous rejoindre si vous le souhaitez, nous sommes déjà nombreux et l’ambiance est sympathique !). J’avais voté pour ce titre pour une raison assez peu littéraire : je savais que je pouvais le trouver à la médiathèque voisine. De plus, il est très court, ce qui me permettait de lui trouver une place dans mon programme de lectures de mai déjà un peu chargé.

Par ailleurs, le sujet ne m’attirait pas plus que ça. J’ai vraiment du mal avec les récits historiques, donc j’avais peur de ne pas réussir à entrer dans l’histoire. À la lecture des premières pages, j’ai vraiment dû lutter pour ne pas abandonner tout de suite. En effet, le texte est écrit tout en minuscules et comprend des fautes de grammaire, afin de mieux coller à la réalité du style d’une petite paysanne qui vient tout juste d’apprendre à lire et écrire. Mais je me suis forcée à dépasser ce point stylistique et typographique et finalement au fil du récit cela ne m’a pas tellement dérangée.

J’ai rapidement compris que la fameuse « couleur du lait » qui revient au début de chaque chapitre concerne la description des cheveux de Mary. Je tiens quand même à souligner une belle incohérence en couverture, puisque la jeune femme du tableau de Cecioni visible sur le livre grand format est bien brune… La couverture poche présente un autre problème puisqu’elle dévoile des jambes qui ne peuvent être celles de Mary, la jeune fille ayant une infirmité visible à ce niveau. Je trouve ça dommage d’avoir éclipsé ainsi les particularités de la narratrice : on a l’impression que le roman est juste un récit de vie au XIXe siècle comme un autre.

En réalité, le lecteur perçoit rapidement toute la singularité de Mary, qui a la langue bien pendue et une capacité à dire tout ce qui lui passe par la tête, faisant fi des convenances. C’est ce qui fait le côté attachant du personnage, cette sincérité à toute épreuve, quitte à s’attirer des ennuis.

J’ai trouvé assez touchante la relation qui se crée peu à peu entre Mary et la femme du révérend mais j’ai regretté que cet aspect ne soit pas approfondi. En fait, la façon de s’exprimer de la jeune fille laisse très peu de place aux sentiments. Sans doute est-ce une conséquence de son éducation mais cela m’a empêchée de vraiment me sentir émue par son histoire. J’ai plutôt ressenti une forme d’indignation face aux traitements infligés aux femmes et aux enfants à l’époque. Cela m’a un peu rappelé Tess d’Urberville (que je n’ai pas lu mais dont j’ai vu l’adaptation BBC récemment).

Impossible de rester totalement insensible au sort de cette jeune fille heureuse de vivre malgré tout. Et pourtant, j’ai vu venir presque depuis le début ce qui se tramait et n’ai donc eu aucun suspens concernant le sort de Mary. C’est dommage, car le livre me laisse le sentiment qu’il y avait plus à tirer de cette histoire que ce que nous propose Nell Leyshon.

Publicités