lenfancedumalLe juge Van Eyck découvre un soir une jeune fille dans sa remise. Céline dit avoir 16 ans, être orpheline et s’être échappée de sa famille d’accueil. Le juge convainc sa femme d’aider la jeune fille en l’hébergeant pour quelques temps…

Movie challenge 2016 : un film avec une actrice que j’adore

J’aime beaucoup Anaïs Demoustier, comme vous le savez sans doute (j’en ai déjà parlé ici, ici, ici, et ). Pourtant, dans la catégorie « un film avec une actrice que vous adorez » du Movie Challenge 2016, j’avais décidé de piocher dans la filmographie de mon actrice favorite de tous les temps, la grande Kristin Scott Thomas. Mais en fait, j’ai déjà vu beaucoup de ces films (plus d’une vingtaine) et cela ne me laissait guère de choix. J’ai donc opté pour mademoiselle Demoustier qui est un autre de mes coups de cœur confirmé, et pour L’enfance du mal, un de ses rôles les plus intrigants.

Je crois que j’avais en quelque sorte envie de tester jusqu’où irait la sympathie que m’inspire cette actrice, en la découvrant dans un rôle beaucoup plus sombre qu’à l’ordinaire. Et je dois dire que je n’ai pas vraiment réussi à ne pas m’attacher à la troublante Céline.

Pourtant, l’adolescente est assez machiavélique : si elle apparaît d’abord comme une jeune fille paumée qui se laisse entraîner dans des mauvaises combines par son petit ami, elle se révèle peu à peu menteuse, manipulatrice et séductrice. En entrant chez les Van Eyck, elle tisse sa toile autour du juge, d’abord, puis de son épouse, afin qu’ils se sentent responsables d’elle. Elle devient à la fois l’enfant qu’ils n’ont pas pu avoir et la dernière tentation d’un homme vieillissant.

Et pourtant, l’actrice confère à ce personnage qu’on pourrait détester son charme naturel qui repose avant tout sur une franchise et une candeur désarmante. Elle arrive toujours à reporter la faute sur les autres, comme lorsqu’elle affirme au juge que, s’il ne fallait pas toujours lui forcer la main pour obtenir quelque chose, la situation n’aurait pas ainsi dégénéré. Par ailleurs, lorsqu’on comprend que la jeune fille est surtout motivée par l’amour pour sa mère, qu’elle rêve de voir sortir de prison, on se sent touché et on peut comprendre qu’elle soit prête à tout.

Même si Céline commet beaucoup de mauvaises actions, dont les conséquences peuvent devenir très graves, j’ai trouvé que le titre du film était un peu exagéré. Je m’attendais à un personnage réellement cruel, sadique, voire démoniaque, avec un tel intitulé. Or si le film est sombre voire glauque par moments, le mal peut apparaître en chacun des personnages : dans la passion malsaine de madame Van Eyck pour ses automates aux allures « d’enfants morts », dans les pulsions perverses du juge, dans les mensonges de Céline et la violence de son petit ami…

Ce film m’en a rappelé un autre, que j’avais bien aimé même si mes souvenirs en sont un peu flous : La Tourneuse de pages. Peut-être à cause de la présence au casting de Pascal Greggory, mais plus sûrement pour ce personnage de jeune fille trouble qui cache ses réelles motivations à s’immiscer dans la vie de quelqu’un qui lui a fait du mal (dans le film de Denis Dercourt, il s’agissait de Déborah François, une autre actrice dont j’apprécie le jeu).

Ce film vénéneux ne m’a finalement pas autant perturbée que je l’aurais cru, tant je m’attendais à plus choquant encore. J’en étais presque un peu déçue. Cependant, les trois acteurs principaux sont remarquables et l’intrigue prenante jusqu’au bout.

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