journaldunvampireenpyjamaMathias Malzieu, chanteur et écrivain de son état, découvre suite à un gros coup de fatigue qu’il est atteint d’une grave maladie de la moelle osseuse. Il va devoir vivre une année de traitements, de doutes et de dangers, mais aussi d’espoir, de rencontres et de création pour renaître…

Après avoir aimé La mécanique du cœur et savouré Le plus petit baiser jamais recensé, j’appréhendais la lecture du Journal d’un vampire en pyjama avec un mélange d’impatience et de doute. Comment l’univers loufoque et poétique de Mathias Malzieu, l’inénarrable chanteur de Dionysos (qui reste pour moi à jamais synonyme de « Quand j’étais petit j’étais un Jedi »), allait-il s’accommoder d’un récit centré sur la réalité, et une réalité pas toute rose, celle de la maladie ?

Cela dit j’ai été ravie de gagner ce roman grâce au blog Baz’art (un grand merci à ses rédacteurs pour ce beau cadeau !), car j’allais pouvoir découvrir par moi-même comment l’auteur s’en était tiré (dans tous les sens du terme). Certes, j’avais entretemps vu passer quelques interviews signalant sa guérison, donc le suspens était éventé.

J’ai finalement dégusté ce livre avec beaucoup de plaisir, mais d’émotion aussi. Je ne sais pas s’il faut dire qu’à quelque chose malheur est bon mais je trouve que l’écrivain Malzieu sort complètement grandi de l’épreuve vécue par l’homme. Sans abandonner la fantaisie qui fait sa spécificité et le charme de son style, l’auteur, en devenant lui-même le personnage de son livre et en racontant sincèrement son quotidien, sans filtre, sans le masque d’un double littéraire, arrive à son meilleur niveau. Le résultat est un livre touchant, beau, parfois douloureux, souvent drôle, et qui sonne vrai à chaque phrase.

Le lecteur ne peut qu’être remué en découvrant peu à peu l’étendue de l’épreuve traversée par le chanteur, qui, au moment de se réjouir de la sortie tant attendue de son film, perd d’un coup tout ce qui faisait sa vie. La bohème dans son appartelier délirant, les promenades en skateboard dans Paris, la frénésie de la scène, des plateaux de tournage et des interviews, les projets artistiques et personnels qui fourmillaient dans sa tête, tout doit être mis sur pause pendant une durée indéterminée. Comme si le film de sa vie était arrêté sur l’image d’un clip bondissant, le temps que le principal intéressé s’engouffre dans une réalité parallèle de la taille d’une chambre stérile.

Et pourtant, jamais l’auteur ne cherche à nous faire pleurer sur son sort. Courageux, plein de foi en l’amour et en l’avenir, il réussit à nous faire traverser son désert à dos de rêve et de métaphore (comme le fameux vampire qui se nourrit du sang transfusé, ou la belle et mortelle Dame Oclès avec son épée). Ce qui m’a le plus touché, c’est sa capacité à ne jamais se refermer sur soi mais à toujours percevoir l’humanité des gens qui l’entourent. Sa gratitude envers les médecins, les infirmières et les donneurs en font un patient exemplaire. Comme quoi, avoir le corps détraqué n’empêche pas de garder une belle âme…

Un livre fort, plein d’émotions et surtout d’espoir pour tous les malades, qui prouve que rien n’est jamais perdu, pour peu qu’on veuille encore croire à la magie de la vie.

 

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