ZootopieJudy Hopps rêve d’être officier de police depuis sa plus tendre enfance. Mais même à Zootopie, la ville où tous les mammifères vivent en bonne intelligence, on n’a jamais vu une lapine endosser l’uniforme. Assignée au stationnement, Judy va tout faire pour prouver qu’elle peut être un vrai flic…

Movie challenge 2016 : un dessin animé

Depuis que j’avais aperçu ses premières images au printemps dernier, Zootopie avait été propulsé tout en haut de ma liste personnelle des « films les plus attendus ». J’ai toujours eu un faible pour les films d’animation (Scrat et les Minions sont chez moi des stars), et c’est d’abord le graphisme de ce nouveau bijou Disney qui m’a séduite.

Après de très gros succès mettant en scène essentiellement des humains (Raiponce, La Reine des neiges, Les nouveaux héros), les Classiques Disney renouent avec le genre animalier pour nous proposer des personnages particulièrement aboutis visuellement. Comme avec ses princesses, Disney réussit à passer le cap de l’animation 3D sans renoncer à l’héritage qui a fait son succès dans le dessin animé : on peut sans peine trouver un air de famille entre Judy la lapine aux yeux violets et Panpan (surtout quand elle tape du pied !) ou entre Nick le renard de vert vêtu et Robin des Bois. Évidemment, au bout de trois minutes environ, j’étais en train de fondre dans mon siège : ils sont so cuuuute ! Les voix de Ginnifer Goodwin et Jason Bateman, tous deux habitués du doublage d’animation, contribuent au charme des deux héros. Les décors ne sont pas en reste et nous promènent dans la ville de Zootopie où tous les climats sont représentés, de la jungle tropicale à la banquise, mêlant nature et architecture à l’américaine dans un mélange assez réussi.

Si je me doutais que j’allais en prendre plein les yeux, je craignais tout de même un peu la déception côté scénario. Les films d’animation restent un genre très périlleux qui doit à la fois séduire petits et grands, mais peine parfois à satisfaire tous les publics. Pour être honnête, j’ai trouvé certains aspects de Zootopie un peu trop simplistes ou trop modernes, par exemple dans l’injonction à réaliser à tout prix ses rêves d’enfant, à tout essayer et à quitter sa campagne natale pour venir « tenter sa chance » en ville. Voilà un point de vue très actuel et manquant peut-être d’humilité et de sagesse. Les parents de Judy, modestes cultivateurs de carottes, incarnent davantage le renoncement et la crainte que la sagesse, ce qui est un peu dommage.

Cela dit, le film offre quand même de grands progrès par rapport à l’ensemble des « Classiques Disney ». J’avais déjà souligné que La Reine des neiges centrait son intrigue sur la relation de sororité d’Anna et Elsa. Ici, le film se paie le luxe de se passer totalement de romance, et ça fait du bien ! L’amitié en dépit des différences, les relations professionnelles et la lutte pour le pouvoir sont à l’honneur, et permettent une lecture anthropocentrée du film, façon fable de la Fontaine. « Les paresseux, le renard et le petit lapin » nous offre une bonne dose d’ironie, à la fois dans les jeux de mots qui composent les noms propres (« Hopps » = « Sauts-de-lapin », « Mr Otterton » = « M. Loutrot »), les références à notre monde humain (la lenteur administrative, l’admiration pour les artistes érigés en idoles…), et des clins d’œil culturels (à d’autres productions Disney ou même au Parrain). De plus, la deuxième moitié du film explore le genre du polar avec un certain brio. Le suspens est au rendez-vous et j’avoue ne pas avoir réussi à deviner l’identité du coupable.

Drôle, dynamique et tendre, le nouveau Disney est – encore ! – une magnifique pépite qui nous fait à la fois rire, réfléchir et retomber en enfance. Et moi qui ne suis pas fan des suites, je trouve l’univers de Zootopie si riche qu’il mériterait d’être réexploité à l’avenir.

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