nosfutursPour son anniversaire, Yann a la surprise de découvrir un montage de photos réalisé par sa femme Estelle. Il se replonge alors dans les souvenirs de son adolescence et décide de renouer avec Thomas, son meilleur ami à l’époque, qui lui avait organisé une soirée mémorable pour ses dix-huit ans…

Movie challenge 2016 : un film qui m’a fait pleurer

Il est rare que j’écrive « à chaud » sur un film. Mais il n’est pas si courant qu’un film me fasse autant d’effet que ceux de Rémi Bezançon. J’ai donc décidé d’assumer complètement mon admiration pour le travail de ce réalisateur (et de la scénariste Vanessa Portal) et de vous expliquer pourquoi Nos futurs, visionné hier soir, a hanté ma nuit.

Tout d’abord, je ne sais comment justifier d’avoir manqué ce film au cinéma, car c’était celui que j’attendais le plus impatiemment en 2015 (avec Caprice). Je crois que j’ai été refroidie par les diverses bandes-annonces qui ont circulé sur la toile, et qui m’avaient donné l’impression d’une sorte de Babysitting revisité. Non pas que le film de Philippe Lacheau ne m’ait pas amusée. Mais Rémi Bezançon est à mes yeux un cinéaste d’un autre calibre. Si je ne me souviens pas très bien du Premier jour du reste de ta vie, j’ai été totalement séduite par Un heureux événement, un film que je revois régulièrement, et qui me fait rire et pleurer à chaque fois.

J’appréhendais d’être déçue, donc. J’avais peur que le film ne soit que drôle, et manque de profondeur. Mais comme j’avais envie d’un film léger hier soir, je me suis dit que c’était parfait. Effectivement, le film est drôle. Dès l’apparition de Thomas (Pio Marmaï), on sent qu’on n’a pas fini de s’amuser des pitreries de cet adolescent attardé qui vit encore dans sa chambre de bonne aux murs tagués et se balade sur sa vieille mobylette. Les anciens camarades de lycée de Yann et Thomas offrent aussi des scènes cocasses, à commencer par le duo Kyan Khojandi – Camille Cottin, tous deux issus de programmes courts télévisuels (Bref et Connasse). Il faut quand même avouer que toutes les vannes ne prennent pas et que certaines scènes, comme celle de la fête du fils de Max, sont un peu longues.

Mais ce que j’ai vraiment aimé dans ce film, plus que l’humour, c’est de retrouver une forme de mélancolie douce, sans doute liée à la jolie bande-son de Pierre Adenot (tout comme la musique de Sinclair apportait beaucoup à Un heureux événement), qui est pour moi la patte Bezançon. On reconnaît l’univers du cinéaste dans des détails, comme ce plan où le salon de Yann, rempli d’invités un instant auparavant, se vide d’une rotation de caméra. Créative et pertinente, la mise en images de cette bromance retrouvée entre deux jeunes hommes si différents offre des moments très touchants. La scène où Yann se met au piano, par exemple, révèle le jeu sensible et en retenue de Pierre Rochefort, que je découvrais dans ce film et qui est une vraie bonne surprise. On s’attache à cet homme vieilli trop vite et qui ne sait pas exprimer ses sentiments, en particulier envers sa femme Estelle (la très jolie Mélanie Bernier qui s’est illustrée aussi cette année dans Un peu, beaucoup, aveuglément).

J’ai donc oscillé tout le long du film entre le rire (avec parfois une pointe d’agacement), l’émotion que procurent ces retrouvailles amicales, et une sorte d’étonnement lors de certains dialogues, comme s’il y avait dans l’histoire une faille, un décalage, quelque chose qui manquerait un peu de crédibilité… Jusqu’à la fin. Impossible d’en parler vraiment sans gâcher l’intérêt du film, et dire cela est sans doute déjà trop en dire. J’ai eu la chance de le voir sans en avoir entendu parler, et c’est cela qui a rendu cette expérience si marquante.

C’est pourquoi je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : voyez-le. Ce n’est sans doute pas le film de l’année (et pourtant, il aurait pu figurer dans mon top 5 si je l’avais découvert plus tôt), mais il a quelque chose, de l’ordre du mélange d’émotions indescriptible qui ne peut pas laisser indifférent.

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