les-minionsLe but des Minions ? Servir le maître le plus méchant et si possible le plus moche possible. Mais au cours de leur existence, il leur arriva de se trouver privés de chef. Trois d’entre eux se mettent alors en quête d’un nouveau « boss ».  

Ce n’est pas un secret : j’adore les Minions. Depuis que j’ai découvert Moi, moche et méchant un peu par hasard il y a quelques années, je ne me lasse pas de ces petits êtres jaunes et rigolos. Alors quand j’ai su qu’un film allait leur être exclusivement consacré, j’étais ravie ! Mais plus on espère d’un film, plus on risque d’être déçu. C’est pourquoi je savais en allant voir Les Minions que je risquais fort de ressortir dépitée de la salle de cinéma.

Heureusement, Pierre Coffin et Kyle Balda ont plus d’un tour dans leur sac pour amuser les petits et surtout les grands enfants qui assument à fond le côté régressif des blagues visuelles. Côté gags, nous sommes servis : les bêtises et maladresses s’enchaînent dès le début du film, rendant les petites créatures toujours plus craquantes et hilarantes. Les Minions bougent dans tous les sens, détruisent leurs maîtres successifs au cours de leur histoire, et on en redemande ! Si les images de l’évolution des Minions avaient déjà été en grande partie dévoilées dans les différents teasers du film, elles n’en restent pas moins soigneusement léchées pour nous permettre de comprendre, non sans rire, comment les Minions en sont arrivés à se réfugier dans une gigantesque grotte gelée.

Atteints par l’ennui, les Minions dépérissent jusqu’à ce que l’un d’eux, Kévin, décide de partir à la recherche d’un nouveau chef. S’ensuit donc un grand discours à l’attention de ses camarades. Car, surprise, les Minions parlent beaucoup. On était habitué à les entendre baragouiner quelques mots clés comme banana ou gelato, mais leur langage a été fortement développé pour le nouveau film. On retrouve dans leur sorte de volapük pas mal d’italien et d’espagnol, mais aussi quelques mots de français (copains) ou d’anglais (boss). Du coup, on comprend presque trop bien ce qu’ils veulent dire, et on perd à mes yeux un peu du charme de leur expression habituelle. On peut quand même saluer quelques trouvailles, parmi lesquelles l’excellent papagena piqué à Mozart (La Flûte enchantée) et qui sert visiblement de terme de séduction chez nos amis les Minions.

Autre point qui a été particulièrement étudié pour le film, l’insertion de très nombreux clins d’oeil, dont certains m’ont sans doute échappé. On reconnaîtra sans peine un hommage à Chaplin dans le discours du « roi Bob » (et sans doute aussi dans les grands magasins, qui m’ont fait penser aux Temps modernes) ainsi que nombre de références musicales, les Beatles en tête. Exit les titres composés par Pharrell Williams, la BO se compose ici de titres bien connus qui plongent le spectateur dans l’évocation de l’Angleterre des années 60. J’ai trouvé que les choix musicaux étaient très réussis tout au long du film, avec une mention spéciale pour la scène utilisant You really got me, pleine d’énergie.

Si Les Minions présentent un défaut, c’est finalement sans doute du côté des nouveaux personnages qu’il faut le chercher. Je n’ai pas trouvé très convaincant le couple Overkill, qui reprend les grands traits attribués aux méchants dans les deux premiers films : mégalomanie, caractère sournois, débauche d’armes en tout genre… La fin du film avec son avalanche de fusées et explosifs m’a paru superflue. Fallait-il nécessairement ajouter la figure d’un grand méchant (d’une grande méchante, en l’occurrence) à un long-métrage dédié aux Minions ? À mon avis, on aurait pu s’en passer, tant Kévin, Bob et les autres emportent l’adhésion à eux seuls.

Mais malgré quelques scènes un peu longues, on passe un bon moment de rigolade devant ce nouvel opus, et on attend avec impatience de retrouver nos amis les Minions dans de nouvelles aventures.

 

 

 

Publicités