TROMPE_LA_MORT_couv.qxp_RL_140x205Tom Larch naît à Delhi d’un père anglais et d’une mère indienne. À huit ans, il arrive en Angleterre et se jure de ne jamais retourner dans son cher pays de naissance. À l’âge adulte, il s’engage dans l’armée et devient l’objet d’une légende qui le veut invincible…

Il arrive que je me plonge dans un roman sans trop savoir où je mets les pieds. Par exemple, j’étais totalement passée à côté du succès du Club des incorrigibles optimistes, ce pavé récompensé du Goncourt des Lycéens 2009. Je n’avais même jamais entendu le nom de Jean-Michel Guenassia.

On ne peut pas dire non plus que je sois une adepte du roman d’aventures. Non, si j’ai repéré Trompe-la-mort, c’est d’abord parce que je cherchais une idée de cadeau pour quelqu’un, et ensuite parce que le titre m’amusait. Cette idée d’un homme survivant à diverses catastrophes me rappelait vaguement le concept des Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire, une des lectures phares de mon adolescence.

Pourtant le livre n’a rien à voir avec l’œuvre de Lemony Snicket. Et la plus grande différence est sans doute due au fait de prendre ou non au sérieux l’exagération dans l’écriture. En effet, Trompe-la-mort est truffé de prouesses physiques irréalisables (monter un mur lisse de 6 mètres, survivre à un crash d’hélicoptère…), de coïncidences incroyables (retrouver le cerf-volant de sa nourrice près de trente ans plus tard dans une ville immense comme Delhi), et de rebondissements tirés par les cheveux. Mais le narrateur ne prend pas de distance avec les faits qu’il énonce, et ne les traite pas comme dans un conte où l’exagération permet de comprendre que les héros ne sont que des stéréotypes au service d’une morale.

Ici, on est plus proche d’un roman d’aventures pour âmes désireuses qu’on leur vende du rêve, et prêtes à signer pour être crédules du début à la fin d’un récit multiple. Car Trompe-la-mort est moins un livre que l’assemblage de trois romans différents qui se succèdent à mesure que le héros prend de l’âge. Le premier est le roman social d’un enfant déchiré entre deux cultures, qui apprend à l’adolescence que les conventions peuvent l’empêcher de vivre ses rêves. Le second est le roman d’aventures d’un super-héros malgré lui qui devient symbole politique et compagnon d’une journaliste en vogue. Le troisième est le récit d’un retour aux origines sous forme d’enquête sur les traces du fils d’un milliardaire.

Exotisme et péripéties sont au rendez-vous pour prémunir le lecteur contre l’ennui, mais difficile de s’attacher à un héros si protéiforme, sur qui tout semble finalement glisser, les accidents comme les heureux hasards de la vie. Si on aime les histoires alambiquées sur fond de décor indien, telles que Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire, on se prendra sans doute à suivre avec plaisir le destin du fabuleux Tom Larch. Si l’on peine à mettre son esprit critique au placard et qu’on préfère la profondeur psychologique à l’action, la fin du livre risque de laisser le lecteur sur sa faim.

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