affiche-de-interstellarDans une Amérique futuriste en proie à la crise alimentaire, Cooper, ancien pilote reconverti en agriculteur, découvre grâce à sa fille Murphy de mystérieux phénomènes de gravité qui semblent démontrer une communication venue d’une autre galaxie.

Disons-le tout net, je ne suis pas fan de science-fiction. Je ne suis pas non plus très portée sur le cinéma américain, en tout cas pas sur les grosses productions. Mais devant l’insistance de mon entourage à célébrer le film de Christopher Nolan, je me suis décidée à découvrir l’univers du réalisateur d’Inception et de Batman.

Mon verdict est plus que mitigé. On ne peut pas dire que le film soit mauvais, certes. Il y a de l’investissement, tant dans le scénario que dans la façon de filmer, les images de l’espace et des nouvelles planètes, et surtout dans le jeu des acteurs. Matthew McConaughey a prouvé depuis True Detective qu’il était capable de jouer dans autre chose que des comédies romantiques faciles, et sert une prestation honnête mais qui ne m’a pas non plus transcendée. Je n’attendais pas spécialement Anne Hathaway dans le rôle d’une chercheuse astronaute, ayant surtout en mémoire sa prestation dans le biopic sur Jane Austen. Pas d’émotion particulière de son côté non plus. J’ai par contre été très emballée par Mackenzie Foy, qui incarne avec une grande intensité la jeune Murphy. Beaucoup de justesse également chez Jessica Chastain, sa version adulte. À noter au passage la ressemblance très réussie entre les interprètes des enfants Cooper jeunes et adultes.

Mais je suis restée assez réfractaire à l’histoire. Le scénario s’embarque dans des complications dont Nolan est friand, des décalages temporels, des revirements de situation inopinés et des questionnements métaphysiques dont l’imbrication ne m’a pas toujours parue judicieuse. Il en a résulté à mes yeux un effet de flou : ai-je bien saisi ? Certaines informations pourtant capitales parviennent au spectateur de façon quasi subliminale. De ce fait, j’ai eu l’impression de courir après le film tout du long, et sur 2h40, le footing est épuisant. Sans doute est-ce moi qui ne suis décidément pas faite pour les films de science-fiction, mais tout de même. Je pense qu’un peu plus de clarté (et de concision !) n’aurait pas nui à l’émotion du film. Par exemple, le destin de Doyle est tellement peu évoqué, ses compagnons passent si vite à autre chose que j’ai cru avoir mal compris ce qui lui était arrivé. Je trouve aussi que l’explication du décalage temporel entre la Terre et l’espace aurait été plus claire si des dates avaient été précisées dès le départ. Je n’ai toujours pas saisi combien d’années s’écoulent sur Terre entre le début et la fin du film ! Et on ne m’ôtera pas de l’idée que, même avec la distorsion temporelle, Cooper aurait dû vieillir au minimum de quelques années, ce qui ne semble pas être son cas ni même celui d’Amelia (toujours aussi pimpante avec sa coupe courte parfaite, même après des mois/années dans l’espace…). Mais je n’insisterai pas sur les questions de vraisemblance scientifique, étant donné que je n’y connais rien.

Par contre, je dois dire que j’ai trouvé la bande-son assez catastrophique avec notamment des effets sonores insupportables, beaucoup trop forts et stridents par rapport au niveau de son général du film. Pourtant le réalisateur s’est félicité de ces effets en insistant sur l’importance du son dans son œuvre. Décidément, la rencontre entre Nolan et moi ne s’est pas faite…

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