GonegirlNick et Amy Dunne formaient un couple parfait. Mais la crise les met au chômage et ils retournent s’installer à North Carthage, Missouri, dont Nick est originaire. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy disparaît…

J’ai rarement attendu un film avec autant d’impatience et autant espéré d’une adaptation. En juin, j’avais découvert le roman de Gillian Flynn, Les Apparences, que j’avais dévoré avec frénésie et jubilation. Si je n’en ai pas parlé ici, c’est que j’ai réservé mon éloge au blog Parlons Romans. Vous pourrez trouver mon article ici.

Mais qu’attendre d’un film lorsqu’on a tellement aimé un livre ? De prime abord, j’aurais pu être méfiante, mais deux éléments retenaient mon attention. En premier lieu, l’équipe du film. Sur le papier, tout était réuni pour que le film rende justice au roman. D’abord, la présence de Gillian Flynn herself au scénario, gage de respect de l’œuvre. Puis, le choix de David Fincher, habitué des thrillers et des histoires d’amour étranges, à la réalisation. Enfin, un casting particulièrement alléchant.

Sur tous ces points je dois avouer que le contrat est parfaitement rempli. Le fil de l’intrigue est on ne peut plus conforme au roman, toutes les scènes clés sont présentes, les choix de mise en scène sont judicieux, et l’on retrouve même le style de l’auteur, ce mélange de naïveté et d’horreur d’où naît par instants le grotesque, cet humour glacial qui surgit au détour des scènes les plus choquantes (je pense notamment au passage le plus violent du film, durant lequel un seul geste a réussi à faire éclater de rire toute la salle).

Les acteurs sont tous très bons, voire excellents. Ben Affleck s’est glissé sans coup férir dans la peau du banal Nick, arborant à la perfection le sourire de stress caractéristique du personnage. Rosamund Pike est fabuleuse, tant dans sa transformation physique que dans son jeu subtil et fascinant. Parmi les seconds rôles, mention spéciale à Tyler Perry et surtout à Carrie Coon, qui offre au personnage de Margo une épaisseur nouvelle. Dommage que les parents d’Amy soient un peu en retrait. J’ai surtout regretté le choix d’Emily Ratajkowski pour interpréter Andie : elle manque clairement de fraîcheur et de naturel.

Un très bon film donc mais… mais la deuxième raison qui me donnait envie de voir le film tenait dans la rumeur que Gillian Flynn aurait changé la fin de son roman dans le scénario. Moi qui avais émis une réserve sur la clôture du récit, je m’attendais à une surprise de taille. Finalement, pas de révolution, simplement des points de détails, de quoi me faire penser qu’il s’agissait avant tout d’appâter le chaland. Surtout, malgré sa très bonne gestion de l’intrigue, le film ne peut alterner les points de vue et les périodes autant que le roman. Le résultat est un suspense moindre, au point que l’amie qui me servait de cobaye puisqu’elle n’avait pas lu le livre a pu deviner le twist central au bout de seulement quelques minutes de film.

Et pourtant scénaristes, dialoguistes, réalisateur, acteurs et j’en passe font bien leur job. Que manque-t-il alors à Gone girl pour avoir su m’emporter ? Je crains que la réponse ne soit claire : n’être pas un roman, et ne pas avoir la magie cumulée des mots et de l’imaginaire pour me happer.

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