MALEFIQUE-Affiche-Angelina-Jolie-FranceIl était une fois un monde divisé en deux royaumes : celui des humains cupides et celui des êtres magiques heureux et pacifiques. Un jour, un jeune voleur humain pénètre dans les Landes et rencontre la plus puissante des fées, la jeune et joyeuse Maléfique. Malheureusement l’amitié tendre qui se noue entre eux n’est pas vouée à durer…

J’ai souvent été beaucoup plus convaincue par les films d’animation des studios Disney que par leurs films en prises de vue réelles. Cependant, j’avais adoré Il était une fois, délicieux pastiche des dessins animés de princesses qui ont fait le succès de la firme. Après avoir vu quelques images de Maléfique, j’ai pensé que ce film pouvait être lui aussi l’occasion de revisiter le conte de Perrault La Belle au bois dormant avec finesse et humour.

Je dois dire que mon bilan est très mitigé. Je saluerai d’abord le travail technique d’animation des habitants des Landes. Dès les premières images, le spectateur est plongé dans cet univers féérique et en prend plein les yeux. Graphismes aériens, dynamiques, colorés, rien à redire. Parmi ces créatures évolue la jeune Maléfique incarnée avec grâce par Ella Purnell. Mais bientôt, tout se gâte. Les effets spéciaux sont mis au service de scènes de bataille grandiloquentes rappelant Le Monde de Narnia et Le Seigneur des anneaux (pour les arbres combattants). Les amateurs du genre trouveront peut-être cela très bien, j’ai pour ma part tendance à penser qu’il s’agit d’une stratégie un peu facile pour combler des faiblesses scénaristiques.

Et de fait, elles abondent dans le film. Comment Stephan est-il parvenu à se faire une place dans l’entourage du roi ? Pourquoi celui-ci a-t-il brusquement décidé d’attaquer les Landes après des années de paix ? Si les ailes de Maléfique sont douées d’un mouvement propre (comme la fin le prouve), comment Stephan a-t-il pu les emporter sans encombre ? Le problème majeur à mes yeux réside dans la relation qui se tisse entre Maléfique et Aurore. Certes, la fée verte avait offert comme don à la petite princesse qu’elle se ferait aimer de tous ceux qui l’approcheraient. Mais de là naît une contradiction: si tous ceux qui la côtoient l’aiment profondément, n’importe qui de sa connaissance devrait pouvoir lui offrir le baiser d’amour sincère qui la ramènera à la vie. Cette scène est d’ailleurs à mes yeux la plus mauvaise du film. On est ici bien loin des cent ans de sommeil du conte originel, puisqu’à peine endormie depuis quelques minutes, Aurore est réveillée par le fameux baiser. Je vous laisse deviner qui en est l’auteur…

Pour un film centré sur une méchante, Maléfique fait la part belle aux bons sentiments. La gentillesse d’Aurore la fait passer pour simplette, sa rencontre avec le jeune prince aux allures de chanteur de boys band est on ne peut plus stéréotypée, et même Angelina Jolie, malgré un look parfait pour le rôle et de très jolies scènes d’introspection, finit par sembler aussi mièvre que les trois fées maladroites. Là où les scénaristes auraient pu taper fort, c’est en réalisant un film ambigu où le spectateur entrerait dans la psyché de la méchante et s’y attacherait malgré lui. Au lieu de cela, ils font de Maléfique un personnage positif, ayant seulement commis l’erreur de vouloir se venger du vrai méchant de l’histoire, Stephan. Déplacer la faute sur un autre coupable, voilà une facilité qui ruine à mes yeux l’intérêt du film.

On retiendra tout de même l’esthétique léchée, la bande-son magnifique de James Newton Howard, et l’excellent personnage de Diaval, le corbeau prêt à tout pour satisfaire sa maîtresse. Mais pour la profondeur de l’analyse psychologique, on repassera.

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