intheairRyan Bingham exerce un métier ingrat : il est appelé par les entreprises désireuses de licencier du personnel pour annoncer la mauvaise nouvelle. Mais cette vie lui convient car elle lui permet de voyager en permanence. Seulement, une jeune employée propose une méthode de licenciement via webcam qui risque de contrecarrer son rêve : obtenir la carte privilège d’une célèbre compagnie aérienne.

In the air a fait partie de ces trop nombreux films que j’envisage d’aller voir au cinéma et que je laisse passer en me disant que je les rattraperai plus tard – ou pas. Heureusement pour moi, celui-ci est passé à la télévision cette année, l’occasion de me rendre compte de la pépite que j’avais manquée en salles.

Pour commencer, ce film a plein d’atouts qui laissent présager un bon moment : son thème sur fond de crise économique et de capitalisme sans scrupules ; son réalisateur Jason Reitman, auteur du très remarqué Juno ; et Georges Clooney. Quoique cet acteur ne soit pas un gage de qualité, quand on sait qu’il a joué dans Intolérable cruauté (si quelqu’un a trouvé des qualités à ce film, qu’il m’en informe, je serais ravie de comprendre pourquoi mon programme télé lui accorde quatre étoiles à chaque diffusion !).

Dès le générique, une suite de vues aériennes rythmées par l’excellent This land is your land, version Sharon Jones & the Dap-Kings, on sent qu’on ne va pas s’ennuyer. Et de fait, du début à la fin, l’intrigue enchaîne les twists et balade le spectateur entre pistes envisagées et rebondissements surprenants. Ryan pourrait prouver sa supériorité sur Natalie et se débarrasser d’elle, ou se faire licencier. Il pourrait même s’engager dans une histoire avec elle, tant qu’il en est à la consoler de sa rupture. Ou alors tomber amoureux de la belle Alex. Natalie pourrait prendre sa place, ou être traumatisée par ce qu’elle va découvrir du métier. Toutes les portes sont ouvertes, et, comme dans Juno, le réalisateur réussit à ne jamais emprunter les plus attendues.

Ainsi, le film ne se cantonne pas à un seul genre, et tient à la fois de la satire sociale (on notera que certains des employés licenciés ne sont pas des acteurs mais des gens ayant vécu cette situation, ce qui apporte un réalisme cruel à ces scènes), de la comédie romantique, du drame… Aucun cliché ne résiste aux méandres de ce scénario terriblement intelligent (récompensé d’un Golden Globe), qui explore les effets de la crise sous un angle nouveau et engagé. Il n’est pas courant d’observer un tandem de collègues fondé sur la transmission ailleurs que dans les fictions policières. Or ici, le duo Ryan-Natalie fonctionne à merveille et leur influence réciproque est captivante à observer, permettant une évolution permanente. Quant à Vera Farmiga (Alex), elle incarne une image troublante de la femme moderne qui donne à réfléchir.

Bref, vous l’aurez compris, ce film tout en finesse tient plus de la démonstration de voltige aérienne que du vol long-courrier régulier. Du grand Jason Reitman (meilleur que Juno à mon goût), divertissant et pertinent.

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