Moi-moche-et-mechant-2.jpgGru, ancien Super-méchant reconverti en confiseur et père célibataire, se fait kidnapper par l’agent secret Lucy Wilde. Celle-ci l’emmène vers le directeur d’une agence de justiciers, Silas de la Mollefesse, qui lui propose une mission secrète : enquêter dans un centre commercial et trouver qui s’est emparé du PX41, dangereux produit mutagène. 

La grande fan de films d’animation que je suis ne pouvait manquer ce nouvel opus des aventures de Gru. Le premier « Moi moche et méchant » m’avait plutôt séduite, mais je craignais un peu que le deuxième peine à se renouveler, ce qui arrive souvent avec les suites. Pourtant, il me tardait de retrouver les Minions et tout l’univers de ce James Bond de pacotille à la française.

Et il faut avouer que le studio français Mac Guff n’a rien à envier à Pixar and co. Le graphisme est léché, les mouvements naturels et fluides, les visages expressifs. Une technique impeccable qui permet de s’appuyer tout au long du film sur un comique de gestes et de situation qui fait mouche. La maladroite Lucy – doublée par Audrey Lamy – apporte à ce titre un vent de fraîcheur à cette petite équipe de bras cassés, et vient créer un contrepoint intéressant au cynisme de Gru – qui s’exprime par la voix de Gad Elmaleh, méconnaissable.

La principale nouveauté réside dans le rôle de celui-ci : d’un méchant pathétique, il devient une sorte d’agent double, traquant ses anciens collègues et déjouant les mauvais coups. Le risque était de tomber dans la niaiserie d’un manichéisme traditionnel. Pourtant, le film évite cet écueil grâce aux multiples retournements, notamment ceux du professeur Nefario, et à la dualité d’Eduardo El Macho.

Le fond se tient, avec une petite pique vers le capitalisme, puisque le produit toxique est dissimulé dans un centre commercial à l’américaine. On peut regretter que les enfants passent un peu au second plan de l’intrigue, surtout la batailleuse Edith, car on suit d’assez près les facéties d’Agnès et les amours adolescentes de Margot. L’histoire entre Gru et Lucy est par contre très prévisible, mais les inventions abracadabrantes comme le poulet de garde et le rouge à lèvre taser surprennent le spectateur.

On aime donc ce visuel énergique et bariolé, l’histoire plutôt bien ficelée et les gags susceptibles de faire pleurer de rire petits et grands. La trouvaille est essentiellement la grande place accordée aux Minions, dont le potentiel comique est pleinement exploité dans ce deuxième volet, pour notre grand plaisir ! On adore les péripéties de Kévin, Jerry et les autres : les Minions à la plage, les Minions enlevés par un aimant géant, les Minions chez le marchand de glaces… Il faudrait songer à remplacer la collection des Martine ! Ces petits personnages diablement gaffeurs et sympathiques emportent l’adhésion par leur langage rigolo, sorte d’espéranto baragouiné (« gelato ! ») dont la transcription amènerait sans nul doute encore bien des surprises.

Car de surprises, le film est rempli. Chaque image ou presque est l’occasion d’une référence hollywoodienne. Si ces clins d’œil échappent aux plus petits, ils font le bonheur des cinéphiles confirmés qui pourront reconnaître des emprunts aux Temps modernes, à King Kong, aux Expendables… On peut aussi admirer la reconstitution par les Minions de la célèbre photographie Lunch atop a Skyscraper et leur reprise délirante du tube des Village people.

Au final, Moi moche et méchant 2 dépasse les espérances : plus fun et délirant que le premier, il a de quoi plaire à tous, mais enchantera sans doute encore davantage les grands enfants que les petits ! Rire garanti !

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